La dette publique du Cameroun s'est établie à 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit 44,2 % du PIB, un niveau inférieur au seuil communautaire de 70 % fixé par la CEMAC. Selon la Caisse autonome d'amortissement (CAA), organisme public en charge de la gestion de la dette de l’État et ses démembrements, ce volume exclu de plusieurs engagements financiers jusqu'ici exclus des statistiques officielles de la dette publique.
Parmi ces engagements figure la dette des collectivités territoriales décentralisées (CTD). Si l'encours officiellement comptabilisé s'élève à 25 milliards FCFA, les travaux menés avec le Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunale (FEICOM) recensent déjà 121,2 milliards de FCFA de créances accumulées entre 2020 et 2025. "Les travaux en cours avec le FEICOM, le MINDEVEL et les CTD devraient permettre de mieux apprécier les instruments de dette y afférents et de les intégrer dans la dette publique à fin décembre 2026", explique la CAA.
Lire aussi: Cameroun : la dette publique grimpe à 15 416 milliards FCFA, mais le ratio recule à 44,3 % du PIB
Le rapport signale également que la dette des entreprises et établissements publics, évaluée à 923 milliards de FCFA, ne prend pas encore en compte celle de la Société camerounaise d'électricité (SOCADEL, ex Eneo), estimée à environ 800 milliards de FCFA. L’intégration de ce passif fait actuellement l'objet d'un travail d'évaluation avant son éventuelle prise en compte dans les statistiques consolidées.
Le rapport montre également que l'inventaire des grands projets réalisés en partenariat avec le secteur privé n'est pas encore complet. Les engagements déjà recensés représentent 4 895 milliards de FCFA, mais deux projets majeurs restent à intégrer : la future raffinerie de la SNH à Kribi, évaluée à environ 540 milliards de FCFA, et la centrale électrique de 300 MW du Port autonome de Douala, estimée à près de 626 milliards de FCFA. La CAA indique que ces projets seront ajoutés à ses statistiques une fois les travaux d'évaluation finalisés.
Malgré ces ajustements attendus, la structure de la dette camerounaise demeure dominée par l'administration centrale, qui concentre 93,9 % de l'encours total. La dette extérieure représente 64,5 % de la dette directe de l'État, tandis que la dette intérieure poursuit son repli. Le Groupe de la Banque mondiale reste le premier créancier multilatéral du Cameroun devant la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI), alors que la Chine demeure le principal créancier bilatéral du pays.














