Au Cameroun, la deuxième session ordinaire du Parlement s'est achevée le 8 juillet 2026 sans loi de finances rectificative, une première depuis 2018. Députés et sénateurs se sont limités à l'examen du Débat d'orientation budgétaire (DOB) 2027-2029 et à 14 questions orales adressées aux membres du gouvernement. « La session de juin aura connu zéro loi. Aucun projet de loi n'a été introduit ni examiné. Cela démontre la propension de notre Parlement à ne se mettre en branle que lorsqu'il s'agit de textes venant du gouvernement. Si nous terminons ces 30 jours sans avoir examiné un seul texte, ce n'est pas parce qu'ils manquaient… Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement n'a envoyé aucun projet de loi », déplore Koupit Adamou, député de l'Union démocratique du Cameroun (UDC).
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Cette session s'est donc achevée sans collectif budgétaire, alors même que le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, avait évoqué dès avril la nécessité d'ajustements pour tenir compte des répercussions de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques. Le ministre mettait notamment en avant les inquiétudes des bailleurs de fonds face à l'instabilité des marchés, à la flambée des cours du pétrole et au retour des tensions inflationnistes, susceptibles de faire « déraper » le taux d'inflation initialement projeté à 3 %.
Depuis, les hypothèses macroéconomiques retenues dans la loi de finances se sont sensiblement écartées de la réalité. Le budget 2026 avait été construit sur un prix moyen du baril de 62,38 dollars et des recettes pétrolières attendues à 523,7 milliards de FCFA. Or, le Brent a franchi le seuil des 80 dollars, ce qui devrait générer près de 180 milliards de FCFA de recettes pétrolières supplémentaires. Mais cette embellie est largement neutralisée par la hausse de la facture des importations de carburants. Alors que le gouvernement ambitionnait de supprimer totalement les subventions à la pompe en 2026, il prévoit désormais de les réintroduire à hauteur de 253,7 milliards de FCFA, soit 0,7 % du PIB projeté pour l'année, afin d'amortir les effets de la flambée des prix internationaux.
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En dépit de l'absence de collectif budgétaire lors de cette session, deux options demeurent ouvertes d'ici à la fin de l'exercice. Le Parlement peut se réunir en session extraordinaire afin de faire adopter une loi de finances rectificative. À défaut, le président de la République peut recourir à une ordonnance pour autoriser des ajustements budgétaires, notamment la mobilisation de nouveaux financements destinés à couvrir les dépenses supplémentaires. En attendant, le budget de l'État reste fixé à 8 816,4 milliards FCFA, conformément à la loi de finances promulguée le 17 décembre 2025, en hausse de 14 % par rapport à l'exercice précédent. Le dernier collectif budgétaire remonte à juillet 2025.
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