Pour l’année 2026, les orientations du président de la République, Paul Biya, relativement aux interventions du trésor public camerounais sur le marché de la dette, vont dans le sens de la poursuite des émissions de titres publics. La stratégie adoptée, qui s'inscrira dans la stratégie de la dette à moyen sur le moyen terme vise, entre autres, « à faire une gestion active des valeurs du trésor émises sur lesdits marchés en prévenant tout risque de défaut et en améliorant la capacité de remboursement du gouvernement afin de créer des conditions favorables pour l'émission de nouvelles dettes, approfondir les marchés primaire et secondaire en élargissant la base d'investisseurs par le renforcement de la stratégie de communication afin de faire adhérer de nouveaux investisseurs résidents et non-résidents ». Dans sa circulaire relative à la préparation du budget de l’année prochaine, publiée le 18 juillet, le chef de l’État instruit surtout l’optimisation des ressources contractées auprès des bailleurs de fonds, en insistant sur le fait que « les conventions de prêts dont les délais d'exécution sont anormalement longs ou dépassés et qui éprouvent des difficultés de mise en œuvre devront faire l'objet de renégociation et/ou d'annulation le cas échéant ».
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Il s’agit, notamment, des soldes engagés non décaissés (SEND’s) « à problèmes », suivant des critères bien définis par le Comité national de la dette publique (CNDP), devraient faire l'objet d'un suivi particulier afin de proposer les solutions d'absorption rapide ou d'annulation le cas échéant. Au 31 mars 2025, les SEND’s du Cameroun s’élèvent à 4 143,3 milliards Fcfa (hors appuis budgétaires de 285,2 milliards Fcfa), selon la Caisse autonome d’Amortissement (CAA). Sur la base des critères susmentionnés, une évaluation trimestrielle permet de déterminer une diminution du montant des SEND’s « à problème » du portefeuille à fin 2024, passant d’environ 2 969 milliards Fcfa à 2 889 milliards Fcfa à fin mars 2025, soit une baisse de 2,69%. Par ailleurs, le stock des SEND’s à problème représente à fin mars 2025, 65 % des SEND’s globaux, hors appuis budgétaires. L’organisme en charge de la gestion de la publique fait savoir que bien que ces fonds n’aient pas encore été décaissés, ils constituent une obligation future pesant sur les finances publiques. « La persistance de ces soldes non liquidés traduit souvent des retards dans l’exécution des projets ou des difficultés administratives, nécessitant un suivi rigoureux pour éviter une accumulation excessive et ses conséquences sur la gestion budgétaire », prévient la CAA.
Dans le détail, le stock de ces SEND’s est constitué des prêts signés avant le 1ᵉʳ janvier 2020 qui datent de plus de cinq ans en 2025 (2 953 milliards Fcfa). Il y a ensuite ceux qui n’ont enregistré aucun décaissement jusqu’au 31 mars 2025 (789 milliards Fcfa), les prêts non mis en vigueur dans un délai de six mois après la signature de la convention (769 milliards Fcfa), ceux dont la date limite de décaissement a été dépassée ou prorogée au moins une fois (808 milliards Fcfa), et enfin ceux pour lesquels cette date limite de décaissement était inférieure à un an au 31 mars 2025 et dont le taux de décaissement restant était inférieur à 50% (799 milliards Fcfa) à cette même date.
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