L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a confié au cabinet de conseil portugais CH Group la mission d'élaborer le « Plan de gestion des pêches » du Cameroun, selon une annonce du 8 avril dernier. Un contrat d'une valeur de plus de 200 000 euros, soit un peu plus de 130 millions de Fcfa. Selon l’organe onusien, cette collaboration marque une étape importante dans la lutte contre la faim et la promotion d'une agriculture durable dans le pays. Elle constitue également le point d’expansion d’activités de cette entreprise en Afrique centrale.
Bien que visant à optimiser la gestion des ressources halieutiques nationales, cette attribution à une entreprise étrangère, via un contrat avec la FAO, soulève des questions sur les capacités locales et la transparence. Concrètement, CH Group élaborera un document stratégique qui définit le cadre juridique, les objectifs, les mesures et les actions nécessaires pour assurer l'exploitation durable et responsable des ressources halieutiques, ainsi qu’une carte de zonage, intégrant les secteurs artisanal et industriel de manière participative. Selon le communiqué de la FAO, cette démarche devrait améliorer la durabilité des ressources, réduire les conflits entre pêcheurs, favoriser le développement économique des communautés, lutter contre la pêche illicite et renforcer les capacités locales, contribuant ainsi à une gestion plus responsable et transparente des pêches au Cameroun.
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Par ailleurs, ce plan de gestion devrait porter une attention particulière à la pêche à la crevette qui, malgré son importance économique, est confrontée à des défis tels que le chevauchement des zones de pêche et les prises accessoires de juvéniles. Cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme « FISH4ACP », dirigé par l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), mis en œuvre par la FAO et financé par l'Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).
Contexte et enjeux
Cette attribution survient dans un contexte où le Plan intégré d'import-substitution agro pastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026, lancé il y a plus d'un an et visant à renforcer la production locale, connaît un démarrage lent, révélant des difficultés dans la mise en œuvre des politiques de gestion au Cameroun. Ce plan, axé sur les filières blé, riz, maïs, mil/sorgho/soja, palmier à huile, poissons et bovine laitière, prévoyait une croissance annuelle moyenne de 40% pour chaque filière. Cependant, seuls les résultats de la filière blé sont positifs, avec une production de 12 800 tonnes, soit une hausse de 1 280% par rapport aux moins de 1 000 tonnes produites auparavant. Les autres filières semblent stagner, selon les premiers résultats du Piisah présentés le 1er décembre dernier par le Premier ministre Joseph Dion Ngute.
De plus, le gouvernement a récemment autorisé 27 bateaux à pratiquer la pêche industrielle sur les côtes camerounaises en 2025. Ces éléments soulignent les défis persistants de la gestion des ressources naturelles au Cameroun.
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