Les échanges commerciaux entre le Tchad et les autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont connu une nette accélération en 2025. Selon les données du statisticien national, les importations tchadiennes en provenance de la sous-région ont doublé pour atteindre 108,7 milliards FCFA. Cette enveloppe représente 11% des dépenses totales d’importation réalisées par le Tchad durant l’année écoulée, confirmant l’importance croissante des partenaires communautaires dans l’approvisionnement du pays.
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Les importations tchadiennes en provenance des pays de la CEMAC sont fortement concentrées sur quelques produits stratégiques. En 2025, les dix principaux produits importés ont totalisé 83,4 milliards FCFA, soit près de 76,8% des achats effectués dans la sous-région. La farine de froment domine largement les importations avec 28,3 milliards FCFA, représentant à elle seule 26,1% des acquisitions régionales. Les matériaux de construction occupent également une place prépondérante, avec les ciments Portland (13,8 milliards FCFA) et les ciments alumineux ou fondus (8,6 milliards FCFA). Les biscuits additionnés d’édulcorants, les savons de ménage, le riz de semence, les bois tropicaux, le sel de table et le gazole figurent aussi parmi les principaux produits importés. Dans l’ensemble, la structure des importations met en évidence la prédominance des produits alimentaires, des matériaux de construction et des biens de consommation courante, reflétant la dépendance du marché tchadien vis-à-vis des approvisionnements régionaux.
Le Cameroun, premier fournisseur
Le Cameroun s’impose largement comme le premier fournisseur régional du Tchad. Les produits importés depuis ce pays ont représenté une valeur totale de 108,3 milliards FCFA, soit l’essentiel des achats effectués au sein de la CEMAC. Cette domination s’explique notamment par le rôle central du Cameroun dans le transit des marchandises destinées au marché tchadien. La structure des importations reste principalement orientée vers les produits alimentaires, les matériaux de construction ainsi que divers biens manufacturés.
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A l’inverse, les échanges avec les autres pays de la sous-région demeurent relativement limités. Les importations en provenance du Congo-Brazzaville et de la République centrafricaine se sont établies respectivement à 116 millions FCFA et 113,1 millions FCFA, tandis que celles issues du Gabon n’ont atteint que 18 millions FCFA.
Exportation vers la CEMAC
Dans le même temps, les exportations tchadiennes vers les pays de la CEMAC ont progressé de 86% pour s’établir à 56,4 milliards FCFA. Ces ventes restent toutefois concentrées sur un nombre restreint de produits, essentiellement issus des secteurs : agricole, pastoral et industriel. Les principaux produits exportés comprennent notamment les graines oléagineuses (38,1%), les taureaux (38,2%,), le coton (13,6%), la gomme arabique (3,2%) ainsi que le polypropylène (1,9%). Cette spécialisation traduit la forte dépendance du Tchad à l’égard des matières premières et des produits peu transformés dans ses échanges régionaux.
Malgré cette progression des exportations, les échanges avec le Cameroun se traduisent toujours par un important déficit commercial pour le Tchad. « Les échanges avec le Cameroun, principal partenaire commercial régional, se soldent par un déficit commercial notable de 54,9 milliards FCFA », soulignent les données consultées. Cette situation découle principalement du rôle stratégique joué par le Cameroun en tant que principal corridor commercial et logistique du Tchad. Une grande partie des produits alimentaires, des matériaux de construction et des biens manufacturés consommés au Tchad transitent en effet par les ports camerounais avant d’être acheminés vers N’Djamena.
De manière globale, les échanges avec les pays voisins mettent en évidence une domination persistante des importations sur les exportations. Cette configuration reflète la dépendance structurelle de l’économie tchadienne vis-à-vis des équipements, des biens manufacturés et de certains produits de consommation. Toutefois, les autorités estiment que cette tendance reste partiellement compensée par les excédents commerciaux enregistrés avec certains partenaires stratégiques de la sous-région.

