Les 6 et 7 mai 2025, le ministère de l'Habitat et du Développement urbain (Minhdu) avait organisé les « états généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains au Cameroun ». Au sortir des travaux, plusieurs résolutions avaient été prises pour juguler l'insalubrité dans les grandes métropoles. Plus d'un an après, le phénomène semble être un véritable serpent de mer à Yaoundé.
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La situation apparaît en revanche globalement maîtrisée à Douala, où le maire de la ville a non seulement mis en place une Régie de la propreté urbaine - en appui à Hysacam dans quatre arrondissements - mais a également contractualisé, en décembre 2025, avec une nouvelle entreprise, Genelcam, pour le ramassage des ordures à Douala 4e. Le contrat porte sur cinq ans, pour un montant de 14,2 milliards de FCFA. Ce contraste entre les deux métropoles amène à s'interroger sur l'état réel de la mise en œuvre des mesures qualifiées de pérennes, préconisées lors des assises de Yaoundé.
Réformes du financement : un chantier au point mort
Pour résoudre ce problème, les participants aux États généraux avaient retenu la création d'un Compte d'affectation spéciale (détaché du Compte unique du Trésor), destiné à cantonner les ressources issues des droits d'accises et des subventions directes de l'État, en vue d'assurer un paiement « régulier des prestations des opérateurs de collecte des déchets ». Cette réforme devait être portée conjointement par le ministère des Finances et les services du Premier ministre.
Plus d'un an après, l'idée n'a guère progressé. Pour mémoire, le droit d'accises a été institué par la loi de finances 2019, à un taux de 0,5 %, avant d'être relevé à 1 % dans la loi de finances 2022. Le directeur général d'Hysacam, Jean-Pierre Ymele, proposait pour sa part de le porter à 2 %, afin de mobiliser davantage de financements. Cette option se heurte toutefois à un obstacle procédural : les provisions relevant en principe de la loi de finances, une telle hausse doit d'abord être soumise à l'appréciation et à la validation de la Présidence, ce qui n'a pas encore été fait à ce jour.
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Du moins, en mai dernier, le Minhdu a attribué deux contrats d'études techniques au cabinet Bet NTFS Sarl, pour un montant global de 199,6 millions de FCFA. Le cabinet devra mener des études techniques pour élaborer les textes d'application du projet de loi régissant la propreté des villes, d'une part, et celui régissant l'habitat au Cameroun, d'autre part.
Arriérés de paiement
Une source proche du dossier illustre l'ampleur du blocage. La Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), en qualité de maître d'ouvrage, a concédé la gestion des déchets à deux prestataires : Hysacam, qui opère dans les 1er, 2e, 4e, 5e et 7e arrondissements, et Thychlof, actif dans les 3e et 6e arrondissements. L'État, via le ministère des Finances (Minfi), prend en charge 85 % de la facture, contre 15 % pour la CUY. Or, selon notre interlocuteur, « le Minfi doit plus de 4 milliards de FCFA à ces deux prestataires. Même la CUY éprouve du mal à payer sa part, en raison de difficultés d'accès à ses ressources logées au Trésor public ».
Fin janvier 2026, la ministre de l'Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a indiqué que les arriérés dus à Hysacam et à Thychlof étaient estimés à 13 milliards de FCFA - ce qui voudrait dire qu'environ 9 milliards de FCFA auraient déjà été réglés à ce jour.
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