Au Cameroun, la généralisation l'Application de gestion logique des effectifs de l’État et de la solde (AIGLES) dans toutes les administrations va nécessiter l’allocation de ressources supplémentaires. C’est ce qu’a indiqué le ministre Joseph LE lors d’un point de presse tenu à Douala le 10 juin 2025. Lancée partiellement en janvier dernier après près de deux ans de retard, cette plateforme numérique comprend déjà 12 modules opérationnels sur les 14 initialement prévus. Les deux restants (la biométrie et l’archivage électronique) sont annoncés pour les prochaines semaines.
Cependant, sur une trentaine de ministères, ces fonctionnalités, annoncées ne seront expérimentées que dans trois administrations. Selon Joseph LE, « les deux modules restants, notamment ceux relatifs à la biométrie et à l'archivage électronique, seront également paramétrés dans la plateforme AIGLES d'ici juillet 2025. Lesdits modules seront implémentés à titre expérimental dans trois administrations, pilotes, notamment le ministère de la Fonction publique, le ministère des Finances et le Contrôle supérieur de l’État. Mais leur déploiement au sein de toutes les autres administrations nécessitera d'importants moyens qu'il conviendra de mobiliser », a prévenu le membre du gouvernement.
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Il convient de noter que cette précision n’avait pas été apportée depuis le début du projet il y a quatre ans. En d’autres termes, l’État devra encore mobiliser des fonds additionnels. Le projet, initialement appelé nouveau Sigipes II, a été confié en mai 2021 à l'entreprise tunisienne Simac et à Afreetech. La première, chargée de réaliser le lot 1 relatif au développement et à la mise en service des fonctionnalités de base pour 4,8 milliards de FCFA, tandis qu'Afreetech s'est vu confier le lot 2 consacré à l'assistance et à la maîtrise d'ouvrage pour 0,955 milliard de FCFA, soit un total de 5,8 milliards de FCFA. Le gouvernement camerounais a prévu débloquer une enveloppe de 1,4 milliard de FCFA pour finaliser le projet dans son Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2024-2026, ce qui porte à environ 7,2 milliards de FCFA les investissements consentis pour ce projet inachevé jusqu'à présent.
Le module axé sur la gestion de l'assiduité à l'aide de la biométrie vise pourtant à mettre un accent sur « le contrôle de la présence des agents publics par pointage biométrique, le calcul des heures de travail effectives et la lutte contre les agents fictifs, l'absentéisme et le présentéisme ».
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Malheureusement, le secteur de l'Enseignement, où les cas d'absence sont réguliers, ne figure pas sur la liste des administrations pilotes. Pour mémoire, à l'ère du numérique, le Cameroun a mis sur pied la plateforme Aigles pour digitaliser les actes de carrière administrative afin de limiter les risques de corruption liés aux contacts humains et réduire l'usage du papier, dont l'importation coûte beaucoup d'argent aux pouvoirs publics chaque année. En plus de la biométrie et de l'archivage électronique, d'autres fonctionnalités déjà opérationnelles tournent autour de la gestion du recrutement, la gestion des carrières, l'ordonnancement, le traitement de la solde et des pensions, la gestion des retraites et la liquidation des droits.



