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Politiques Publiques

Guinée équatoriale : Obiang Nguema démet son gouvernement pour insuffisance de résultats

Moins de deux ans après avoir congédié l’équipe de Manuela Roka Botey pour son incapacité à atteindre les objectifs fixés, le président équato-guinéen a poussé à la démission les 36 membres du gouvernement de Manuel Osa Nsue. Le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue évoque un taux de réalisation des objectifs limité à 10 %, malgré les moyens mobilisés par l’État.

Publiée mardi 16 juin 2026 à 20:04:32Modifiée mardi 16 juin 2026 à 20:04:34Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

Le Président Teodoro Obiang Nguema préside la session extraordinaire du conseil des ministres ayant abouti à une démission du gouvernement. © Vice Présidence de Guinée Équatoriale

La sanction est tombée avec la brutalité qui caractérise parfois la gouvernance de la Guinée équatoriale. Le gouvernement de Manuel Osa Nsue Nsua a présenté sa démission collective ce 16 juin, à l’issue d’une session extraordinaire du conseil des ministres, après que le pouvoir a constaté un taux d’exécution des objectifs gouvernementaux limité à 10%. Dans un message publié sur son compte officiel sur le réseau social X, le vice-président de la République chargé de la Défense et de la Sécurité de l’État, Teodoro Nguema Obiang Mangue, a justifié cette décision qui emporte l’ensemble des 36 membres du gouvernement.

« Le niveau de réalisation des objectifs fixés a à peine atteint 10% », a-t-indiqué le, soulignant que « la responsabilité dans la gestion publique doit s’accompagner de résultats ». Selon le numéro 2 du pouvoir équato-guinéen, le Premier ministre chargé de la coordination administrative, Manuel Osa Nsue Nsua, a remis au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo la démission en bloc de l’exécutif après ce constat jugé particulièrement préoccupant. Cette décision n’a toutefois rien d’une surprise. Depuis plusieurs années, le chef de l’État équato-guinéen gouverne au moyen de feuilles de route assorties d’objectifs chiffrés et d’évaluations régulières. 

Lire aussi : Qui est Manuel Osa Nsue Nsua, le nouveau Premier ministre de Guinée équatoriale ?

Dans un contexte marqué par l’érosion progressive des revenus pétroliers (-20% en 2024 et -16,8% en 2025 avec une contraction du Pib de -6%), il exige de ses équipes gouvernementales des résultats rapides dans la diversification économique, le développement des infrastructures, l’amélioration de la gouvernance publique et la lutte contre la corruption. Les autorités considèrent que les moyens humains, matériels et financiers mis à la disposition du gouvernement n’ont pas produit les résultats attendus. Pour le vice-président, la confiance accordée par le chef de l’État aux membres de l’exécutif implique « efficacité, discipline, capacité de gestion, redevabilité et orientation vers les résultats ».

L’histoire se répète presque à l’identique

En juillet 2024, le gouvernement dirigé par Manuela Roka Botey, première femme à avoir occupé la primature en Guinée équatoriale, avait déjà été poussé vers la sortie pour des raisons similaires. En acceptant sa démission, le président Obiang avait alors dénoncé « une incapacité collective à apporter des solutions efficaces à des problèmes critiques tels que l’économie, la cohésion sociale et la lutte contre la corruption ».

Quelques semaines plus tard, le 16 août 2024, Manuel Osa Nsue Nsua était nommé Premier ministre chargé de la coordination administrative. Son profil avait alors suscité de nombreux espoirs. Directeur général de la Banque nationale de Guinée équatoriale (BANGE) depuis 2012, ce financier expérimenté était perçu comme l’homme capable d’apporter davantage de rigueur à la gestion publique et de piloter les réformes économiques réclamées par le chef de l’État. Sa mission était d’accélérer la transformation de l’économie nationale et préparer l’après-pétrole dans un pays dont les réserves d’hydrocarbures s’amenuisent progressivement.

22 mois plus tard, le constat dressé par le pouvoir est sévère. Malgré les injonctions répétées du président et les ressources mobilisées, les résultats attendus n’auraient pas été au rendez-vous. Au-delà du limogeage du gouvernement, c’est bien la question du modèle économique équato-guinéen qui demeure au cœur des préoccupations du pouvoir. Longtemps portée par la manne pétrolière, l’économie nationale doit désormais trouver de nouveaux relais de croissance. Les autorités misent, notamment, sur l’agriculture, la pêche, le tourisme, l’industrie légère et les services pour réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures. 

Mais, la mise en œuvre de cette stratégie se heurte à des lenteurs administratives persistantes et à des difficultés de gouvernance régulièrement dénoncées au sommet de l’État. C’est dans cette perspective que le vice-président a adressé un message particulièrement ferme à la future équipe gouvernementale. « La Guinée équatoriale précise une administration plus dynamique, efficiente et proche des besoins des citoyens. C’est pourquoi nous continuerons à travailler pour consolider des institutions capables de transformer les ressources de l’État en résultats tangibles pour la population», a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux. 

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