Le gouvernement centrafricain a instauré un dispositif de contrôle sans précédent de la production d'or, désormais premier produit d'exportation du pays. Un arrêté signé le 9 juin par le ministère des Mines et de la Géologie impose désormais une surveillance permanente des sites d'exploitation, un système de triple verrouillage des installations sensibles et l'installation de caméras de vidéosurveillance tout au long de la chaîne de production.
Le nouveau mécanisme repose sur un principe de contrôle partagé entre l'État et les opérateurs miniers. « Les représentants de l'État, notamment les inspecteurs (…) ainsi que la Police des Mines sont tenus d'être présents, de manière permanente et/ou continue, sur les sites d'exploitation aux fins d'assurer la comptabilisation, la conservation et le suivi des mouvements de l'or », précise le texte.
Une cogestion sous surveillance vidéo
Sur le plan opérationnel, la réforme instaure une co-accessibilité obligatoire aux principales installations de traitement de l'or, notamment les bacs de dragage, les unités de calcination, les colonnes de sorption et les locaux de finition. L'accès à ces infrastructures ainsi qu'aux coffres-forts destinés au stockage de l'or est désormais soumis à l'utilisation simultanée de trois clés ou moyens d'ouverture distincts, détenus respectivement par le ministère des Mines, la Police des Mines et l'entreprise titulaire du permis d'exploitation.
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Le texte impose également le lavage des bacs toutes les douze heures ainsi que l'installation de caméras de surveillance sur les points critiques de la production. Les sociétés minières devront conserver les enregistrements vidéo pendant au moins trois mois et les mettre à la disposition de l'administration sur demande.
Sécuriser une ressource devenue stratégique
Ce tour de vis réglementaire vise avant tout à renforcer la traçabilité de la production aurifère et à sécuriser les recettes publiques tirées d'une ressource devenue centrale pour l'économie centrafricaine. La mesure s'inscrit dans la refonte du secteur extractif engagée depuis l'adoption, en 2024, d'un nouveau Code minier. Longtemps dépendante du diamant, dont les exportations demeurent affectées par les restrictions liées au Processus de Kimberley, la République centrafricaine a vu sa structure commerciale évoluer ces dernières années. En 2025, l'or est devenu le premier produit d'exportation du pays, générant des recettes record de 132 milliards de FCFA.
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