La 46ᵉ session ordinaire du conseil des ministres de l’Union économique d’Afrique centrale (UEAC) n’a pas adopté le projet de budget soumis à l’examen des membres entre le 1er et 2 octobre 2026. Au terme d’un marathon achevée à l'aube de vendredi dernier, le Conseil a formellement ajourné l’adoption du budget 2027 de la Commission de la CEMAC, arrêté provisoirement à 82,24 milliards de F CFA. Au cœur du blocage, l’asphyxie financière des institutions communautaires, sous pression constante en raison du non-recouvrement chronique de la Taxe communautaire d’intégration (TCI).
Censée constituer la clé de voûte de l’autonomie financière de la Commission, la TCI souffre de retards et d’impayés récurrents de la part des États membres. A titre d’illustration, sur 50,2 milliards de F CFA de TCI attendus, seuls 10,4 milliards ont effectivement été encaissés. Quant aux recettes totales mobilisées à fin juin 2026, elles plafonnaient à 20,8 milliards, soit un taux de réalisation de 24 %, sur une projection budgétaire annuelle de 80,6 milliards de Fcfa. A ce jour, précise la Commission, 20,1 milliards de dépenses ont déjà été consommées.
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Face à ce manque à gap, le Conseil n’a pas validé une enveloppe budgétaire déconnectée des capacités réelles d'encaissement et s’est donné plus de temps pour sonder davantage les Etats membres afin de se réunir à l’occasion d’une session extraordinaire avant la fin de l’année pour l’adoption du budget de l’institution. Pour les commissaires, adopter ce projet de budget sans garantie d'exécution aurait exposé la Communauté à des risques majeurs de cessation de paiement et miné davantage la crédibilité de l'institution.Les ministres entendent obtenir de leurs Etats des engagements fermes d'apurement des arriérés et mettre en œuvre un mécanisme automatisé et contraignant de prélèvement de la TCI.
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Ce blocus persiste alors que, lors de la 43e session du Conseil des ministres de l’Union de l’UEAC tenue à Bangui le 9 décembre 2025, cinq mesures avaient été prises pour améliorer le recouvrement et le fonctionnement de la Taxe communautaire d’intégration. Il s’agissant notamment : de l’instauration d’un mécanisme de compensation afin de permettre à chaque Etat membre de verser les droits de ses ressortissants par un prélèvement sur les arriérés de contribution ; la suppression de l’achat des véhicules de fonction aux premiers dirigeants de même que les rétrocommissions accordées sous forme de primes aux fonctionnaires des Trésors nationaux au titre de la TCI. Toujours sur le volet financier, il a été arrêté la réduction des charges de fonctionnement des institutions de l’UEAC alimentées par la TCI.











