Le gouvernement gabonais prévoit de lancer, à la fin du troisième trimestre 2026, un nouveau recensement des Gabonais économiquement faibles, trois ans après la précédente opération réalisée en août 2023. Les activités de terrain débuteront en septembre prochain. « Entre juillet et août, nous allons préparer les questionnaires, nous accorder sur la définition des termes, de manière à ce que, dès le début du mois de septembre, nous ayons des équipes sur le terrain pour commencer ce recensement », a indiqué Louise Pierrette Mvono, ministre de la Planification et de la Prospective
Selon le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, qui présidait une réunion préparatoire le 22 juillet dernier, cette opération poursuit trois objectifs : actualiser les données, corriger les erreurs d'inclusion et les situations d'exclusion, et disposer d'une base de données plus fiable sur les populations vulnérables. « L'ambition du chef de l'État est de renforcer l'efficacité de nos politiques publiques de protection sociale en nous basant sur des données plus fiables », a-t-il déclaré.
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Libreville estime ce recensement indispensable pour actualiser un cadre réglementaire devenu obsolète, qui ne prend plus en compte les nouvelles formes de vulnérabilité. L'initiative intervient dans un contexte socio-économique fragile. Selon la Banque africaine de développement (BAD), le Gabon comptait environ 2,5 millions d'habitants en 2023. Près d'un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, tandis que le chômage demeure élevé, à 20,1 % en 2024, touchant particulièrement les jeunes (36 %) et les femmes (28,7 %). La BAD souligne également de fortes disparités régionales et d'accès aux services de base.
De son côté, la Banque mondiale anticipe une croissance économique moyenne de 2,4 % entre 2025 et 2027, soutenue par les secteurs minier, forestier et agricole. L'institution prévient toutefois que ce rythme restera insuffisant pour réduire significativement la pauvreté en l'absence de réformes structurelles. « La part des Gabonais vivant avec moins de 6,85 dollars par jour devrait diminuer de 37,8 % en 2025 à 35,8 % en 2027. Cependant, cela signifie qu'environ 970 000 personnes, soit plus d'un tiers de la population, vivraient encore sous le seuil de pauvreté en 2027 », souligne la Banque mondiale.
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Les modalités de financement de cette opération n'ont pas encore été rendues publiques. Les autorités entendent toutefois s'appuyer sur ce recensement pour redéfinir la notion de « Gabonais économiquement faible » à partir de données actualisées recueillies sur le terrain.










