Les hydrocarbures ont repris leur place de premier produit d'exportation du Cameroun au premier trimestre 2026. Selon le dernier rapport du Comité national économique et financier (CNEF), les ventes d'huiles brutes de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) ont généré 212,3 milliards de FCFA sur les trois premiers mois de l'année, contre 199,3 milliards de FCFA pour le cacao et ses dérivés. Un an plus tôt, la filière cacaoyère dominait largement les exportations du pays avec 319,9 milliards de FCFA, devant les hydrocarbures (261,6 milliards de FCFA).
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Ce renversement s'explique avant tout par le net recul des recettes tirées du cacao. En un an, les exportations de cacao et de produits dérivés ont chuté de 120,6 milliards de FCFA, soit -37,7 %, tandis que celles des hydrocarbures ont reculé de manière plus limitée (-49,3 milliards de FCFA, soit -18,8 %). Au total, la part du cacao dans les exportations camerounaises est retombée de 40,3 % à 32,8 %, alors que celle du pétrole brut et du GNL est remontée de 32,9 % à 35 %.
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Ce reflux est intervenu alors que les prix payés aux producteurs ont fortement baissé après les records historiques observés en 2024. Alors qu'il dépassait encore 4 300 FCFA le kilogramme au début de la campagne 2024-2025, le cacao s'est négocié autour de 2 750 FCFA/kg en fin de campagne, avec des replis ponctuels sous le seuil des 1 000 FCFA/kg dans certains bassins de production. Le CNEF établit également un lien entre cette baisse des recettes et le retournement du marché mondial. « Le marché du cacao a connu un net retournement au premier trimestre 2026. Après les niveaux exceptionnellement élevés enregistrés en 2024 et 2025, les cours ont fortement reculé à la fin du trimestre. En mars, les prix du cacao ont chuté de 59,9 %, pour s'établir à 3,24 dollars le kilogramme, soit leur plus bas niveau depuis le troisième trimestre 2023 », souligne le rapport.
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Selon le Comité, cette correction résulte principalement de l'amélioration des perspectives de production pour la campagne 2025-2026, notamment en Côte d'Ivoire et au Ghana, qui assurent ensemble près de 60 % de la production mondiale. Les conditions météorologiques plus favorables ont renforcé les anticipations d'offre, mettant fin à deux années de fortes tensions sur le marché. La Banque mondiale table désormais sur un prix moyen de 3,80 dollars/kg en 2026, contre 7,80 dollars/kg en 2025, soit une baisse attendue de plus de 51 %.
À l'inverse, les hydrocarbures ont bénéficié d'un environnement plus favorable. Selon le CNEF, les tensions géopolitiques entre Washington et Téhéran ont soutenu les prix du Brent dès le début de l'année, avant que l'escalade militaire au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz ne provoquent une nouvelle flambée des cours en mars. Le rapport relève également que « le prix de référence du gaz européen a progressé de 35,3 % en mars 2026, pour atteindre 17,91 dollars par million de BTU, un niveau inédit depuis le début de 2023 », même si le marché américain est resté relativement préservé grâce à l'abondance de sa production domestique.
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