La République démocratique du Congo (RDC) est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième fournisseur mondial de cuivre. Mais tous ces minerais sortent du pays à l'état brut, faute de transformation locale, ce qui prive la RDC d'une grande partie de leur valeur ajoutée, selon les spécialistes. C'est au regard de cette situation que trois ministères (Économie nationale, Mines et Commerce extérieur) viennent de signer un arrêté, le 29 juin dernier.
Cet arrêté, en son article 7, interdit l'exportation des concentrés de cuivre et de cobalt. Toutefois, précise l'arrêté, les titulaires de droits miniers ou de carrières, ainsi que les détenteurs d'agréments au titre d'entités de traitement ou de comptoirs d'achat et de vente de substances minérales d'exploitation artisanale, peuvent être autorisés, « sur dérogation du ministre en charge des Mines, […] à exporter pour une durée d'une année certains produits miniers marchands moins élaborés », en raison de la particularité des procédés de leur traitement ou des facteurs techniques et économiques s'y rapportant, poursuit l'article 7.
L'arrêté est d'effet immédiat, sauf pour les activités relatives à la détermination, à l'évaluation et à la taxation des sous-produits miniers d'intérêt économique. L'application prendra effet trois mois après la signature de l'arrêté (29 juin 2026). Selon le ministère congolais des Mines, avec 5,84 milliards de dollars de revenus extractifs (binôme cobalt-cuivre) enregistrés en 2023, la République démocratique du Congo confirme sa dépendance structurelle aux ressources minières.
Dans ce paysage, le pétrole fait figure de parent pauvre : à peine 4 % des recettes, contre une écrasante domination du secteur minier (96 %). Selon la même source, la RDC s'impose comme le premier producteur mondial de cobalt (environ 70 % de l'offre globale) et le deuxième producteur mondial de cuivre. Portées par la transition énergétique, les seules exportations de cuivre pourraient générer jusqu'à 37 milliards de dollars par an d'ici 2030, selon notre confrère Jeune Afrique.
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Indispensable aux infrastructures électriques, aux data centers et à l'IA, le cuivre maintient des cours solides, à plus de 13 600 dollars la tonne. Quant au cobalt, vital pour les batteries de smartphones et de véhicules électriques, son prix a dépassé les 56 000 dollars la tonne. Quoi de plus normal, dès lors, pour Kinshasa, que de chercher à sécuriser ses mines ?
Selon des informations dignes de foi, le gouvernement congolais discute avec une entreprise privée pour former 20 000 agents chargés de constituer une garde minière dans les zones d'exploitation. Ainsi, 20 000 hommes doivent être formés, avec pour mission de protéger les grandes exploitations minières, d'encadrer les mines artisanales et de renforcer la traçabilité des exportations de minerais, rapporte la Deutsche Welle.



