L’agence américaine de notation Fitch Ratings a décidé, le 28 février dernier, de reconduire la note sur les emprunts à long terme et en devise étrangère de l’État du Congo à « CCC+ ». Cette décision reflète « l'historique récent du Congo en matière de défauts de paiement, la dette publique élevée et les besoins de financement, les indicateurs de gouvernance faibles, le faible PIB par habitant, la forte dépendance au pétrole et la mauvaise gestion des finances publiques », pointe l’agence dans son communiqué.
Concrètement, Fitch reproche au Congo, sa faible gestion des finances publiques qui a orchestré des incidents de paiement sur ses eurobonds en 2016 et 2017, mais aussi sur sa dette intérieure de marché. Si les craintes de l’agence américaine sont légitimes, il reste que le Congo a fait de nombreux efforts pour rester solvable auprès de ses créanciers. En octobre 2024, le gouvernement a échangé 53 % de ses obligations domestiques en circulation, soit 25 % de la dette intérieure, prolongeant ainsi les échéances tout en maintenant les coupons et le principal. La clôture de cette opération d’échange de dette n’a eu que des répercussions positives pour les finances publiques congolaises, car elle a permis de lisser le profil d'amortissement et d'atténuer les pressions exercées sur la trésorerie. Selon les autorités, la maturité moyenne de la dette domestique de marché est passée de 2,6 ans à 6,4 ans. Ce qui devrait réduire substantiellement les risques de défaillance que le pays a pu observer ces derniers mois.
Lire aussi : Notation financière : BGFIBank Cameroun obtient un A et un A1+ de Bloomfield Investment Corporation
L’atténuation des remboursements a surtout permis au pays de réaliser des économies budgétaires de l’ordre de 1 130 milliards FCFA, dont 739 milliards FCFA d’économies sur le service de la dette, au cours de la période allant de 2024 à 2028, selon le ministère de l’Économie. Théoriquement, ces ressources permettront au gouvernement de disposer de plus de marge de manœuvre pour soutenir le financement des projets structurants et renforcer les dépenses sociales (santé, éducation…) afin d’améliorer le bien-être des Congolais.
Ceci dit, les besoins de financement bruts du Congo restent importants et le marché régional des titres publics éprouve de plus en plus de difficulté à répondre au besoin des États ce qui exacerbe les risques de refinancement pour les souverains, dont le Congo. Si à cela, on ajoute les perspectives pessimistes du pétrole (principale source de revenu du Trésor congolais), il reste des inquiétudes restent légitimes. Fitch prévoit donc d’abaisser la note du pays s’il y’a des « preuves de tensions financières ou de pressions accrues sur la liquidité, par exemple en raison d'une forte baisse des revenus pétroliers, de la suspension des décaissements du secteur officiel ou de l'annonce ou de la mise en œuvre d'échanges de dettes supplémentaires considérés comme des échanges de dettes ».
Lire aussi : Cemac : les Trésors publics évaluent leur notation financière



