Après une exécution à pas de tortue de la première phase de l’autoroute Yaoundé-Douala de 2014 à 2022, le gouvernement camerounais compte visiblement rectifier le tir sur la phase 2 de cette même infrastructure routière dont les travaux ont été lancés ce 2 octobre 2024. La raison ? Le ministre des Travaux publics (Mintp) Emmanuel Nganou Djoumessi opte pour une rémunération de l'entreprise dans le cadre d'un contrat classique à prix unitaires. « L’entreprise sera rémunérée dans le cadre d’un marché public à prix unitaire. C’est-à-dire que les paiements seront faits sur la base des prestations effectivement réalisées et approuvées par une commission de recettes techniques et prise en attachement », a-t-il expliqué. Ce mode contractuel vient ainsi prendre le dessus sur le Engineering Procurement and Construction (EPC) qui intègre la conception, l'ingénierie, l'approvisionnement en matériaux et la construction.
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L'option gouvernementale n’est pas fortuite au regard des contraintes de temps auxquelles sont soumis à la fois le maître d’ouvrage et l’entreprise adjudicataire qu’est le chinois China First Highway Engineering Company (Cfhec). Celle-ci a réalisé la phase 1 d’un linéaire de 60 km, livrée après un dépassement des délais de plus de trois ans. Débuté le 13 octobre 2014 pour une durée de 48 mois (jusqu’en 2018), le projet n’a été achevé que quatre ans plus tard après quasiment trois prolongations.
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Curieusement, pour un linéaire de 141,1 km, le gouvernement table sur une durée de 36 mois. Ces prévisions, il faut le signaler, contrastent déjà avec celles de l’entreprise Cfhec qui prévoit plutôt 48 mois soit 1 an de plus que le Mintp. « Si c’est juste pour les travaux, on a estimé que c’est 48 mois », a déclaré Sieur Wen, le directeur du projet Cfhec. Quoi qu’il en soit, c’est une équation à plusieurs inconnues que les deux parties devront résoudre quand on sait que la phase 1 qui représente la moitié de la seconde, a pris 8 ans pour être réalisée. Pour autant, souligne le directeur du projet, les délais projetés peuvent être respectés à condition que deux principaux éléments soient pris en considération. Une manière implicite de dévoiler les goulots d'étranglement ayant fait piétiner le premier lot qu’elle a exécuté. « On a identifié qu’il y a deux grands éléments à tenir en compte pour respecter les délais. Le premier c’est la libération des entreprises ensuite, le paiement pendant l’exécution des travaux. Si on peut bien régler ces deux points-là, je pense que la durée va beaucoup diminuer », a-t-il laissé entendre à la presse.
Du reste, malgré la pose de la première pierre, il faudrait encore lever un certain nombre de préalables dont l'indemnisation des populations, d'où certainement, une prévision de 8 mois de conception et 28 mois pour la construction proprement dite. Notons que le coût prévisionnel des travaux de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala est de 899,3 milliards de Fcfa. Sur la question du mode de financement ayant fait couler beaucoup d’encre et de salive, l’on apprend qu'« il ne s’agit pas d’un Partenariat public-privé (PPP) mais d’un projet financé par l’Etat via des emprunts », précise une source proche du dossier. Réalisée, cette autoroute permettra non seulement de relier les villes de Yaoundé et Douala mais également de fluidifier les échanges au sein de la sous-Afrique centrale par le biais des corridors Douala-Brazzaville, etc.









