Au Tchad, la China National Petroleum Corporation International Chad (CNPCIC), filiale du géant chinois CNPC et principal opérateur du bassin de Bongor, est accusée d’avoir bénéficié d’exonérations fiscales jugées illégales pour un montant total de près de 225 milliards FCFA, selon l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (AILC). Lors d’un point de presse tenu le 9 décembre à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption, le directeur général des investigations et du contentieux, Ousmane Mamadou Affono, a affirmé que « ces exonérations contestables ont fait éviter à la CNPCIC 224,9 milliards FCFA de redevances dues à l’État ».
Selon l’AILC, ces pertes considérables résultent d’avantages fiscaux octroyés au fil des années à l’opérateur pétrolier, sans base légale ou en dehors du cadre contractuel. La révélation intervient alors que N’Djamena anticipe, dans son projet de loi de finances 2026, une baisse de 22 % de ses recettes pétrolières à 779,8 milliards FCFA, sur fond de déclin naturel des champs et de chute du baril autour de 63 dollars. L’affaire ravive ainsi le débat sur la gouvernance des ressources et le contrôle des facilités accordées aux entreprises extractives.
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Si l’AILC n’a pas annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire, le manque à gagner estimé représente l’équivalent de plusieurs années d’investissements publics dans des secteurs clés comme l’eau, l’énergie ou les infrastructures. L’Agence a appelé au recouvrement des montants jugés indûment soustraits, sans toutefois préciser de calendrier.
CNPCIC, dont la production annuelle dépasse 5 millions de tonnes depuis cinq ans selon ses données publiées en novembre, reste l’opérateur le plus puissant du pays, loin devant Perenco. La société met notamment en avant la mise en service du premier champ pétrolier numérique entièrement automatisé du Tchad, fondé sur le modèle « EPC+ », ainsi que l’exploitation continue des champs Daniela, Raphia et Lanea, reliés aux stations CPF, FPF et OGM et soutenus par une ligne électrique de 30 km alimentant 116 pylônes jusqu’au champ de Baobab. Une empreinte industrielle majeure, qui contraste avec les interrogations croissantes sur la gestion des avantages fiscaux dont elle bénéficie.
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