La junior minière Zanaga Iron Ore Company (ZIOC), cotée sur le marché AIM de la Bourse de Londres, estime que les coûts actuels du gaz et de l'électricité en République du Congo compromettent la compétitivité du pays pour accueillir sa future usine de première transformation du minerai de fer, d'une capacité de 5 millions de tonnes par an. Cette conclusion figure dans son rapport annuel 2025 et sa mise à jour de mi-2026, publiés le 1er juillet. « L'étude conclut que, même si la République du Congo constitue une option envisageable, les conditions actuelles du marché y sont moins compétitives que dans d'autres juridictions », indique la société.
L'étude de faisabilité a évalué la construction et l'exploitation de deux unités de bouletage, chacune d'une capacité de 2,5 millions de tonnes par an, destinées à produire respectivement des boulettes chaudes et froides de minerai de fer. Malgré la signature, en 2025, d'un protocole d'accord avec Centrale Électrique du Congo (CEC) pour étudier les besoins énergétiques du projet, ZIOC indique poursuivre l'évaluation de sites alternatifs, situés à proximité de grands bassins sidérurgiques bénéficiant de coûts du gaz et de l'électricité plus compétitifs, afin d'améliorer la rentabilité de l'investissement.
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Cette analyse contraste avec les ambitions énergétiques affichées par Brazzaville. Grâce au projet Marine XII, développé par l'italien Eni, le Congo est devenu exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL), avec une production ayant dépassé 3 millions de tonnes en 2025 et un objectif de 6 millions de tonnes d'ici à fin 2026. Cette montée en puissance est censée renforcer l'offre énergétique nationale, alors que le pays reste confronté aux limites de son parc hydroélectrique.
Des revenus potentiels revalorisés de plus de 50 %
Cette remise en question de l'implantation de l'usine intervient alors que ZIOC améliore sensiblement les perspectives économiques de son projet Zanaga, situé dans le sud-ouest du Congo. La société estime désormais les revenus cumulés de la mine à 11,325 milliards de dollars (environ 6 520 milliards de FCFA) sur toute sa durée d'exploitation, contre 7,36 milliards de dollars dans son rapport intermédiaire publié en septembre 2024, soit une hausse d'environ 54 %.
Cette revalorisation repose sur la confirmation de la capacité du gisement à produire un concentré de qualité DRI (Direct Reduced Iron), à forte teneur en fer et à faible niveau d'impuretés, particulièrement recherché par les producteurs d'acier bas carbone.
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Si l'option d'une implantation hors du Congo était finalement retenue, le pays pourrait perdre une partie de la valeur ajoutée attendue du projet, notamment en matière de transformation locale, de création d'emplois qualifiés et de recettes fiscales. Sans citer de pays, ZIOC évoque des juridictions disposant d'une énergie plus compétitive. Au regard de leur profil énergétique et industriel, des pays comme l'Angola, producteur de gaz naturel, ou la République démocratique du Congo (RDC), au cœur de l'industrie minière régionale, pourraient toutefois constituer des alternatives crédibles.
À ce stade, le développement de la mine de Zanaga reste conditionné à la finalisation des études d'ingénierie, à la décision finale d'investissement et à la mobilisation des financements. Selon la mise à jour économique publiée en mai 2026, le projet nécessiterait 2,17 milliards de dollars (environ 1 249 milliards de FCFA) pour une première phase de production de 12 millions de tonnes par an, avec un démarrage des travaux envisagé dès 2027. Une seconde phase porterait la capacité à 30 millions de tonnes, pour un investissement total estimé à 4,05 milliards de dollars et une durée d'exploitation d'environ 30 ans.
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