La sortie du Cameroun de la « liste grise » du Groupe d'action financière (GAFI) se précise, trois ans après son inscription. La raison : sur les 24 mesures correctives recommandées, 17 ont déjà été appliquées à ce jour. Ces assurances ont été données le 29 juillet 2026 par le secrétaire général du Groupe d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique centrale (Gabac), André Kanga, à l'issue d'une audience avec le Premier ministre Joseph Dion Ngute. « La sortie est proche puisqu'on a déjà réalisé près de 70 % de ce qui était demandé », a affirmé André Kanga, ancien Directeur général de l'Agence nationale d'investigation financière (ANIF) du Congo.
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La levée imminente de la « surveillance accrue » en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) au Cameroun s'annonce cinq mois après la réunion du Comité de coordination des politiques nationales dédiée à ce dossier, présidée par le ministre délégué auprès du ministre des Finances (Mindel-Minfi), Yaouba Abdoulaye. À cette période, le membre du gouvernement déplorait que seules 11 actions sur les 24 exigées aient été exécutées, soit un taux de réalisation de 46 %, largement en deçà des attentes.
Depuis février, six actions supplémentaires ont donc été accomplies, soit une progression d'environ 25 points de pourcentage. Bien qu'aucune information précise ne filtre sur les exigences que Yaoundé a respectées jusqu'ici, tout porte à croire que plusieurs goulots d'étranglement, dénoncés par le gouvernement en février dernier, ont été levés pour permettre cette nette progression. Parmi les obstacles cités par Yaouba Abdoulaye figuraient notamment : l'utilisation insuffisante du renseignement financier par les autorités de poursuite, l'élargissement des missions de la Société de recouvrement des créances (SRC) en matière de gestion des avoirs criminels gelés, saisis ou confisqués, ainsi que l'absence de sanctions à l'encontre des assujettis du secteur financier pour les manquements dans la mise en œuvre des obligations LBC/FT.
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C'est depuis le 23 juin 2023 que le Gafi a placé le Cameroun sous « surveillance renforcée », en raison de « déficiences stratégiques dans son régime de lutte » contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et la prolifération d'armes de destruction massive. Un mois plus tard, l'ex-Directeur de l'Agence nationale d'investigation financière (Anif), Hubert Nde Sambone, de regrettée mémoire, assurait que le traitement de ces défis, qualifiés de « défaillances » par les experts du Gafi, était déjà amorcé. En octobre 2023, le président de la République Paul Biya a signé un décret portant création, organisation et fonctionnement d'un Comité de coordination des politiques nationales de LBC/FT.
Après avoir annoncé que la sortie est proche, le Gabac tempère néanmoins : il faut « pousser les acteurs à faire montre de beaucoup de discipline dans le travail ». Une condition essentielle, car le maintien de cette situation engendrerait des conséquences lourdes « tant sur l'image du Cameroun et la préservation de l'intégrité de son système financier, que sur la confiance de ses partenaires au développement et, à titre individuel, sur la sécurité des acteurs concernés ».
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