La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) cherche à mobiliser 150 milliards de FCFA pour la construction d'un terminal à hydrocarbures dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, dans le sud du pays. Selon un compte rendu publié le 26 août, à l'issue d'une rencontre avec des investisseurs tenue le 21 août à Douala, l'entreprise publique a mandaté ses partenaires financiers. L'opération est structurée par le cabinet PG & Partners, en qualité d'arrangeur principal, associé à la banque d'affaires panafricaine Matha Capital. Les fonds levés seront « destinés au financement de la construction d'un pipeline et d'un dépôt pétrolier à Kribi, un investissement stratégique estimé à un montant plafonné à 150 milliards de FCFA », souligne la note officielle.
Matha Capital, société panafricaine de conseil financier fondée en 2017 par le Camerounais Jean-Paul Ndjemba, revendique à ce jour plus de 15 milliards de dollars de transactions réalisées. Dans le détail, le montage financier du projet de dépôt de Kribi prévoit la mobilisation de 100 milliards de FCFA en monnaie locale, le solde devant être levé en euros. Pour boucler ce tour de table, la SCDP indique cibler un syndicat de financiers composé de banques locales, d'institutions financières internationales et de bailleurs de fonds axés sur le développement.
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Bras opérationnel de l'État en matière de stockage et de sécurisation des produits pétroliers, la SCDP met en avant des garanties de remboursement pour rassurer les bailleurs de fonds. « Le gouvernement a anticipé la question en créant, dans la structure des prix des produits pétroliers, une ligne spécifiquement destinée au financement de ce dépôt », précise l'institution, sans entrer dans le détail. Le projet est porté par une entité dédiée, la société de projet Dépôt Pétrolier de Kribi (DPK), dirigée par Patrice Etame Etame et présidée par Véronique Moampea Mbio, par ailleurs directrice générale de la SCDP.
Cette recherche de financements intervient plus de sept mois après la signature d'un protocole d'accord tripartite liant le Port autonome de Kribi, la SCDP et le consortium français Parlym-Negri, chargé de la construction. La première phase des travaux, prévue sur 30 mois, devrait doter le pays d'une capacité de stockage de 230 000 m³ de produits raffinés, dont 140 000 m³ de carburants (90 000 m³ de gasoil et 50 000 m³ de super), ainsi que 12 000 tonnes métriques de gaz de pétrole liquéfié (GPL). En cas de succès, cette infrastructure offrira au Cameroun une deuxième porte d'entrée maritime stratégique après le port de Douala-Bonabéri, et vise à renforcer les capacités nationales dans un contexte de demande croissante : selon le rapport de conjoncture du gouvernement, les importations d'hydrocarbures sont passées de 2,24 millions de tonnes en 2023 à 2,33 millions de tonnes en 2025.












