La République du Congo a officiellement amorcé l'exportation de Poria cocos, un champignon prisé par la pharmacopée asiatique, vers la Chine. Selon les informations publiées ce 3 septembre 2026 par l'ambassade de Chine au Congo, la première cargaison a quitté le port de Pointe-Noire le 1er septembre à destination de Jinzhou, dans la province du Hunan. Si le volume initial n'a pas été communiqué, la représentation diplomatique souligne que cette expédition revêt un caractère hautement symbolique, car elle « marque la traduction concrète des dividendes et de la politique de tarif douanier zéro en résultats tangibles en faveur de la République du Congo ».
Cette première transaction s'inscrit dans le sillage de l'application, depuis le 1er mai 2026, de la politique chinoise d'exonération des droits de douane pour une sélection de produits africains. Sur le plan commercial, elle répond à une commande spécifique de Guoling Technology, une entreprise chinoise spécialisée dans la distribution de Poria cocos. En février 2026, cette firme avait signé avec un partenaire local une lettre d'intention portant sur l'achat de 3 tonnes de ce champignon sur une période de trois ans, structurant ainsi ce nouveau corridor bilatéral.
Lire aussi : La Chine absorbe désormais 72 % des exportations du Congo
L'impact socio-économique de cette nouvelle filière d'exportation se chiffre en centaines de millions à l'échelle locale. Selon les données relayées par le gouvernement de la ville de Huiahua en Chine, un bassin de 1 000 agriculteurs a été mobilisé pour cette culture. Chaque producteur devrait générer un revenu annuel estimé à 10 000 yuans, soit environ 875 000 FCFA. Des revenus qui pourraient franchir la barre des milliards FCFA à mesure que la production va s’accroitre.
Au total, cette activité représente une injection financière potentielle de 875 millions de FCFA par an au profit des communautés rurales, constituant une nouvelle source de revenus pour la population.
Cette dynamique agro-industrielle prend racine dans la zone de Loudima, département de la Bouenza, dans le Sud du pays, où la capacité de production a été optimisée à l'aide des agriculteurs, pour atteindre un potentiel de 1 000 tonnes par an. Pour l'économie congolaise, historiquement portée par la rente pétrolière et l'exploitation forestière, le développement et l'exportation de cette niche agricole représentent une avancée concrète dans la stratégie nationale de diversification de son portefeuille de revenus.
Lire aussi :Commerce extérieur : le Congo signe un accord pour exporter en Chine à taux zéro
Par Ange Daïna Ngouégni (Stagiaire)













