Lors d’une rencontre tenue le 22 octobre 2025 à Libreville avec les responsables des administrations et entités sous tutelle de son département, le ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Henri-Claude Oyima, a annoncé une vaste réforme des agences et établissements publics au Gabon. Dans la foulée, le membre du gouvernement a mis l'accent sur l'assainissement de la gestion des ressources humaines, indiquant que : « les rémunérations y seront strictement encadrées et alignées sur les standards de l’administration centrale, pour éviter les déséquilibres et garantir la cohérence salariale du secteur public ». C’est dans la même veine qu’il a annoncé « la réforme de la Caisse des Dépôts et des Consignations ainsi que du Fonds Gabonais d’Investissements Stratégiques ».
Henri-Claude Oyima n’a pas donné les détails relatifs à la restructuration de ces deux entreprises publiques. Toutefois, son annonce intervient deux ans après le changement de tutelle du FGIS. Lors de son adresse à la Nation du 31 décembre 2023, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait décidé de « restituer » le FGIS (alors placée sous l’égide de la présidence de la République). Le chef de l'État justifiait cette décentralisation par la volonté de « mettre fin à la délivrance du visa d’opportunité par la présidence de la République dans le but d’apporter plus de transparence au sommet de l’État ».
Cette décision stratégique semblait également répondre aux exigences des partenaires internationaux. En effet, dans le cadre de son dernier programme, le Fonds Monétaire International (FMI) avait exigé d'accélérer la transparence des structures financières publiques, dont la CDC et le FGIS. Le FMI avait relevé que : « les faiblesses identifiées dans la gouvernance, la gestion des investissements et l’intégrité financière de Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) et du Fonds souverain gabonais (FSRG) et de son gestionnaire d’actifs (FGIS) seront abordés. Des stratégies prudentes seront développées pour les deux institutions qui seront cohérentes avec la stratégie de croissance accélérée du pays ».
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Ainsi, créée en 2010 et opérationnelle depuis 2012, la restructuration de Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) du Gabon semble opportune au moment où le Gabon veut nationaliser les postes de Directeur général des établissements financiers et de microfinances opérant dans le pays. L'objectif est de « réserver l’exclusivité de cette fonction aux personnes de nationalité gabonaise, sauf dérogation accordée par le Comité national économique et financier », comme l'a précisé le communiqué final du Conseil des ministres présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema le 8 septembre.
Difficultés de financements
De même, le FGIS créé en 2012 en tant que gestionnaire exclusif du Fonds Souverain Gabonais (FSRG), est concerné par cette réforme, 13 ans après sa création dans la mesure où celui-ci mobilise les ressources de l'État issues de son portefeuille et de l’exploitation pétrolière au profit des infrastructures, du tissu économique et des secteurs sociaux.
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Le Gabon évalue son plan de développement à 4 536,2 milliards FCFA sur la période 2024-2026 soit 1 512 milliards FCFA par an. Cependant, dans son ‘’Rapport pays’’ publié en aout dernier, la Banque africaine de développement (BAD) que seulement 3467 de ces ressources étaient mobilisés en 2024 pour un déficit de financement de 63,33 soit 2 963 milliards FCFA (environ 987 milliards FCFA par an ». Pour combler le gap, la BAD suggère un renforcement des efforts de mobilisation des ressources intérieures (recettes publiques et épargne), de rationalisation des dépenses et de valorisation de son immense capital naturel.















