L'État gabonais est devenu, de très loin, le premier débiteur du système bancaire national, selon un rapport de l'Association professionnelle des établissements de crédit du Gabon consulté par EcoMatin. À fin juin 2026, les banques détenaient 2 767,9 milliards FCFA de créances publiques, soit 45,54 % de leurs portefeuilles, près du double de ce qu'elles accordent aux entreprises et sept fois plus qu'aux particuliers. Les créances sur les entreprises s'établissaient à 1 537,5 milliards de FCFA, contre 403,7 milliards pour les ménages, soit 1 941,2 milliards au total. Les banques avaient donc engagé 826,7 milliards de FCFA de plus auprès de l'État qu'auprès de l'ensemble du secteur privé et des particuliers.
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Titres publics
L'essentiel de cette exposition provient des émissions de dette publique : 2 327,4 milliards de FCFA de BTA, d'OTA et d'emprunts obligataires, soit environ 84 % des créances totales sur l'État. Les prêts directs et créances bilatérales s'élèvent, eux, à 440,4 milliards de FCFA. Deux établissements concentrent près de 70 % de ce risque. BGFI Bank, avec 1 003 milliards de FCFA de créances souveraines, et AFG Bank, avec 929,7 milliards, soit ensemble 1 932,7 milliards de FCFA.
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Toutefois, en proportion du bilan, c’est UBA Gabon qui dépend le plus de la signature publique. 80,24 % des crédits de la filiale locale du groupe bancaire nigérian sont alloués à l'État. Suit AFG Bank, avec une exposition souveraine de 54,04 % de ses crédits (728,7 milliards d'OTA et 196 milliards de créances publiques bilatérales), puis BGFI Bank à 47,97 %. Ecobank affiche une exposition de 46,12 %, devant la BCEG (39,55 %) et l'UGB (30,86 %). Orabank et Citibank sont les moins dépendantes de l'État, avec respectivement 20,65 % et 20,75 %.
Cette concentration souveraine n'est pas compensée par les dépôts publics. Selon le rapport, l'État ne détenait que 551 milliards FCFA de dépôts dans les banques à fin juin, contre 2 767,9 milliards de créances, soit une position nette débitrice de 2 216,8 milliards de FCFA. Cette position nette s'est légèrement améliorée depuis décembre 2025, grâce à une hausse de 45 % des dépôts publics. Mais l'encours des créances souveraines a lui aussi progressé, de 5,31 %, passant de 2 628,4 à 2 767,9 milliards de FCFA.
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Vulnérabilité
Pour les banques, les titres publics offrent des rendements réguliers, peuvent être refinancés auprès de la banque centrale et nécessitent moins de dispositifs commerciaux que les crédits distribués à des milliers d'entreprises ou de particuliers. Mais leur accumulation accroît la vulnérabilité du secteur à la situation budgétaire de l'État, et peut limiter sa capacité à financer l'économie productive. Au premier semestre, les crédits aux entreprises ont progressé de 7,54 %, à 1 537,5 milliards de FCFA, mais restent très inférieurs à l'exposition souveraine. Les prêts aux particuliers n'ont augmenté que de 1,82 %, alors que leurs dépôts ont progressé de 7,58 %.









