Le Gabon a connu une séance contrastée sur le marché des titres publics de la BEAC. Sur les émissions de Bons et d'Obligations du Trésor mises en adjudication le 22 juillet, seules trois ont trouvé preneur. Au total, le Trésor gabonais n'a mobilisé que 66 milliards de FCFA, soit un peu plus de la moitié des 124 milliards recherchés, les cinq autres émissions ayant été annulées faute d'offres suffisantes ou d'investisseurs.
Le principal succès de cette opération provient d'une émission d'Obligations du Trésor assimilables (OTA) à trois ans, rémunérées à 6 %, qui a permis de lever 30 milliards de FCFA. Les investisseurs ont présenté 30,1 milliards de FCFA de souscriptions, soit un taux de couverture de 100,3 %. Les obligations ont toutefois été acquises à un prix compris entre 91 % et 93 % de leur valeur nominale. Cette décote signifie que les investisseurs ont payé moins que la valeur de remboursement tout en continuant à percevoir le coupon de 6 %, ce qui améliore leur rendement effectif. Le Trésor a également placé avec succès deux émissions de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 13 semaines, d'un montant respectif de 20 milliards et 16 milliards de FCFA, intégralement souscrites au taux de 6,4 % et 6 %.
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À l'inverse, les autres lignes ont essuyé un net désintérêt. Une émission obligataire de 20 milliards de FCFA à deux ans, rémunérée à 5,5 %, n'a suscité aucune offre. Une autre, de 5 milliards de FCFA sur la même maturité, n'a reçu qu'une seule soumission de 50 millions de FCFA, finalement rejetée par le Trésor. Les émissions d'OTA à quatre ans (7,5 milliards de FCFA) ainsi que deux lignes de BTA de 20 milliards et 16,5 milliards de FCFA n'ont également donné lieu à aucune adjudication, certaines n'ayant enregistré aucune soumission, d'autres ayant reçu des offres jugées insuffisantes.
Ces résultats interviennent alors que le marché des titres publics est devenu la principale source de financement des États de la Cemac. Lancé en 2011 pour remplacer progressivement les avances directes de la BEAC, il affichait un encours record de 10 020,5 milliards de FCFA à fin mai 2026, dont 3 104,3 milliards pour le seul Gabon, premier émetteur de la région. Mais cette montée en puissance s'accompagne d'un essoufflement de la demande.
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Selon la banque centrale, le taux moyen de souscription aux adjudications est tombé de 77,1 % en avril à 72,1 % en mai, tandis que le coût moyen des emprunts est passé de 8,08 % à 9,73 %. Une évolution qui traduit une sélectivité accrue des investisseurs, dans un contexte où les États de la Cemac prévoient de lever plus de 4 000 milliards de FCFA sur le marché régional en 2026.











