Vers une concurrence italo-américaine pour valoriser le bloc gazier EG-27, au large de Bata, à proximité des actifs de Chevron ? Un flou entoure le développement récent de cet actif. En effet, selon le bureau de presse de la vice-présidence équato-guinéenne, une délégation du groupe italien Eni a entamé des négociations avec le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, le 8 juillet, en vue de développer ce gisement, classé parmi les plus importants du pays. « Les nouvelles opportunités de coopération ont été analysées pour stimuler le développement des ressources gazières et attirer les investissements dans le bloc EG-27 », précise le communiqué officiel.
D'après ce document, l'offensive d'Eni porte sur les activités d'exploration de l'ensemble du périmètre du bloc EG-27. Pour appuyer son offre, la major italienne -qui a déjà signé, en mars dernier, des accords de reconnaissance sur six autres blocs offshore (EG-22, EG-15, EG-16, EG-17, EG-05 et EG-10), au large de Bata- propose également d'étendre ses investissements au secteur agricole. Cette approche s'inscrit dans la stratégie de diversification économique de Malabo, qui cherche à élargir son tissu productif au-delà d'un secteur pétrolier et gazier en perte de vitesse.
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L'intérêt d'Eni pour ce bloc intervient alors que les autorités équato-guinéennes accélèrent le développement de la première phase du champ Ebano, situé sur le bloc EG-27, qui recèle 3 800 milliards de pieds cubes de réserves prouvées. Ce projet prévoit le traitement de 360 millions de pieds cubes standard de gaz par jour afin de produire 2,4 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an pendant une durée de vingt ans. La structuration financière de cette infrastructure, dont le coût est estimé à 4,5 milliards de dollars, est pilotée depuis juillet 2025 par la division conseil d'Afreximbank, pour le compte de la compagnie nationale Sonagas.
Toutefois, l'ouverture de ces discussions introduit un nouvel élément dans ce dossier. En septembre 2025, les autorités équato-guinéennes avaient déjà officialisé, à Houston (États-Unis), un accord d'exploitation portant sur ce même bloc EG-27, ainsi que sur le bloc B4, avec la major américaine ConocoPhillips. Cette dernière est déjà présente dans le pays, où elle produit et exporte du GNL à travers les blocs Alba et D, à proximité des installations de liquéfaction de Punta Europa, près de Malabo.
Pour l'État équato-guinéen, la concrétisation rapide de ce projet doit permettre de monétiser les importantes ressources gazières du pays afin de compenser l'érosion des revenus pétroliers. Si ces discussions débouchent sur un accord, l'arrivée d'Eni pourrait accélérer la mobilisation des financements et renforcer les retombées économiques en matière d'emplois et de services pétroliers. Pour le groupe italien, ces négociations illustrent sa volonté de renforcer sa présence en Afrique centrale, où les grands projets gaziers suscitent un intérêt croissant des majors internationales.
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