A Malabo le 5 juin 2025, les Chefs d'État gabonais et équato-guinéens, Brice Clotaire Oligui Nguema et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ont annoncé la création d'un comité conjoint d'experts. Selon les informations de la Présidence gabonaise, ce comité sera chargé d'examiner le différend territorial relatif à l'île Mbanié, un îlot potentiellement riche en hydrocarbures, et ce, quelques jours après un verdict de la Cour Internationale de Justice (CIJ) favorable à Malabo. « Conscients des faits historiques dont ils ont hérité et soucieux de préserver la paix entre leurs deux Nations, les deux Chefs d'État entendent régler de manière pacifique cette problématique », stipule le communiqué de l’institution.
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Cette décision fait suite à un entretien en tête-à-tête entre les deux dirigeants, qui a eu lieu lors de la visite d'État du Président Oligui Nguema à Malabo, la capitale politique équato-guinéenne. L'objectif est clair : privilégier le dialogue constructif et la coopération pour trouver une solution pacifique à ce contentieux de longue date. Les deux pays cherchent ainsi à apaiser les tensions après l'arrêt de la CIJ du 19 mai 2025, qui a reconnu la souveraineté de la Guinée Équatoriale sur l'île Mbanié ainsi que sur les îlots Cocotiers et Conga. Cette approche diplomatique répond à l'appel au calme du président gabonais, le 22 mai dernier, et à la déclaration du président équato-guinéen le 2 juin, qui s'est dit certain de la « compréhension » de son homologue.
Des implications économiques et diplomatiques majeures
La création de ce comité est une étape cruciale pour les deux nations, car l'île Mbanié et ses îlots voisins sont situés dans une zone maritime potentiellement très prometteuse en gisements de pétrole et de gaz.
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Un règlement pacifique de cette question est essentiel pour la stabilité régionale et le développement économique des deux pays, qui partagent déjà des liens historiques et fraternels. Au-delà de ce différend, la rencontre a également été l'occasion de signer plusieurs accords bilatéraux dans les domaines de la sécurité, de la diplomatie, de la culture, du sport et de l'agriculture, témoignant de la volonté commune de renforcer leur coopération.
Un contentieux hérité de l'époque coloniale
Rappelons que le litige autour de l'île Mbanié, une île d'une trentaine d'hectares, et des îlots Cocotiers et Conga, remonte aux années 1970. Le Gabon s'appuyait sur la convention de Bata de 1974 pour revendiquer la souveraineté, tandis que la Guinée Équatoriale affirmait l'occupation illégale par le Gabon depuis 1972 et contestait la validité de ladite convention. La CIJ, dans son verdict, a estimé que la convention de Bata "n'est pas un traité faisant droit" et que le titre légal sur les îles était détenu par l'Espagne, qui l'a ensuite transmis à la Guinée Équatoriale lors de son indépendance en 1968.
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Malgré la décision de la CIJ, les deux pays avaient convenu de demander aux juges de statuer dans le but de trouver une solution à l'amiable, soulignant la nécessité de négociations post-verdict. Comme l'a souligné un représentant gabonais à l’Agence France Presse, Guy Rossatanga-Rignault, "Le Gabon et la Guinée équatoriale sont condamnés à vivre ensemble", ce qui rend les négociations indispensables pour régler ces problèmes.



