La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) a engagé des discussions avec Dangote Petroleum Refinery & Petrochemicals en vue d'établir un partenariat destiné à renforcer l'approvisionnement de la République du Congo en produits pétroliers raffinés. L'annonce a été faite par le directeur général de la compagnie publique congolaise, Maixent Raoul Ominga, à l'issue d'une visite effectuée le 27 juin à la raffinerie de Lekki, près de Lagos. « Nous sommes désireux d'explorer une coopération stratégique qui aidera à renforcer l'approvisionnement en produits pétroliers raffinés tout en créant de la valeur pour les deux organisations », a déclaré le dirigeant congolais, cité par la presse nigériane.
Selon le Nigerian Tribune, les échanges ont porté sur le raffinage, l'approvisionnement en carburants, la sécurité énergétique, le développement industriel et le partage d'expertise. Le président de Dangote Industries, Aliko Dangote, a, pour sa part, réaffirmé la volonté du groupe de développer des partenariats énergétiques sur le continent. « Nous sommes pour l'Afrique, pas seulement pour le Nigeria. Dites-nous ce dont vous avez besoin, et nous verrons comment nous pouvons travailler ensemble », a-t-il déclaré.
Dans une publication diffusée le 2 juillet sur LinkedIn, Maixent Raoul Ominga a confirmé cette rencontre, évoquant des échanges autour de « projets créateurs de valeur ». Cette visite intervient alors que le groupe Dangote vient d'obtenir un permis d'exploitation du gisement de potasse de Mengo, dans le département du Kouilou, renforçant ainsi sa présence industrielle au Congo.
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Cette initiative intervient alors que le Congo, pourtant producteur de pétrole brut et doté de la raffinerie nationale Coraf à Pointe-Noire, continue d'importer une partie de ses carburants. Selon le rapport de conjoncture du premier trimestre 2026, la production de la Coraf ne couvre pas entièrement la demande nationale, notamment en essence, tandis qu'une partie des produits raffinés est destinée à l'exportation. En diversifiant ses sources d'approvisionnement, Brazzaville cherche ainsi à renforcer sa sécurité énergétique tout en tirant parti des capacités de raffinage développées par Dangote au Nigeria.
Si ces discussions débouchent sur un accord commercial, le Congo rejoindrait le Cameroun parmi les pays de la Cemac qui se tournent vers la raffinerie de Lekki pour sécuriser leurs approvisionnements en produits raffinés. Yaoundé avait entamé des discussions avec le groupe nigérian en décembre dernier avant de commencer à recevoir, dès le premier trimestre 2026, des cargaisons de carburants en provenance de cette installation.
L'intérêt croissant des pays d'Afrique centrale pour la raffinerie de Lekki intervient au moment où Dangote poursuit l'expansion de ses activités énergétiques sur le continent. Selon Devakumar Edwin, vice-président chargé du pétrole et du gaz de Dangote Industries, le groupe prévoit de porter sa capacité totale de raffinage à 2,1 millions de barils par jour, avec 1,4 million de barils par jour au Nigeria et un complexe de 700 000 barils par jour envisagé au Kenya afin de desservir les marchés d'Afrique de l'Est.
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