Castel, le mastodonte agro-industriel, est sur le point de payer une amande colossale à l’administration fiscale française. Alain Castel, neveu du fondateur et directeur général de la branche vins, a confirmé au quotidien régional Sud Ouest, que le ministère français des Finances réclame au groupe une somme pouvant atteindre le milliard d'euros après plusieurs années d'enquête. Face à cette situation, le groupe se dit prêt à payer pour régulariser ses pratiques passées et repartir sur de nouvelles bases. « Bercy a le Groupe Castel dans le collimateur. […] Ce redressement est “pré-lancé”. Le chiffre d'un milliard d'euros est évoqué. C'est colossal mais, s'il le faut, on paiera.», a-t-il déclaré, évoquant « l’opportunité » de remettre « tout ça d’aplomb ».
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Une sortie rapidement nuancé par l’équipe de direction de sa branche et totalement désavouée par la maison mère du groupe, qui évoque des éléments jugés inexacts. Dans un communiqué transmis à l’AFP, la direction de Castel Vins a révisé l’affirmation de son dirigeant, indiquant que le montant avancé est une « supposition » représentant une fourchette « très haute ». De son côté, DF Holding, maison mère de Castel Vins « s’étonne qu’une de ses filiales ait communiqué publiquement sur des sujets qui relèvent exclusivement de la sphère du groupe et présentent, par ailleurs, un caractère confidentiel », rapporte AFP.
« Éléments inexacts »
La structure dirigée par le Suisse Gregory Clerc, actuel directeur général de la Holding et patron du groupe Castel, se dit également scotchée qu’une filiale se permette de « conjecturer sur d’éventuels montants de régularisations, alors même qu’ils relèvent de la compétence exclusive de l’administration concernée ». La société, dont le chiffre d’affaires a atteint 6,5 milliards d’euros en fin 2024, a cependant reconnu qu’une procédure de régularisation a bien été engagée auprès de l’administration il y a deux ans ; tout en dénonçant « des éléments inexacts, tant s’agissant des faits que des dates évoqués ».
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« DF Holding relève du droit luxembourgeois. À la suite de cet établissement (au Luxembourg), pendant une période les principales équipes sont restées en activité en France. Il a été établi que le siège effectif était pendant ce temps-là en France. Le dossier vise à la régularisation des impôts dus sur cette période en France », a expliqué la société.
Cette précision s’aligne à la perspective d’un redressement fiscal mentionnée par Gregory Clerc dans un récent courrier interne, consulté par l’AFP. Le directeur général évoquait le lancement de plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale depuis 2024, dont un « dossier majeur » avec le fisc français « relatif à des périodes antérieures à (s)a prise de fonctions ». Nommé en octobre 2023 à la tête de DF Holding, cet avocat fiscaliste helvète avait auparavant défendu Pierre Castel, à titre privé, dans un litige fiscal en Suisse. Le fisc genevois avait condamné le milliardaire français, établi en Suisse depuis 1981, à verser plus de 350 millions d’euros pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune pendant plusieurs années.
Crise de gouvernance
Il faut souligner que les sorties d’Alain Castel interviennent dans un contexte « troublé » marqué par de fortes tensions internes. En effet, le groupe Castel, connu en France pour ses marques Baron de Lestac, Listel, Kriter ou encore les cavistes Maison Nicolas, et en Afrique pour ses bières, traverse une profonde crise de gouvernance, opposant la famille du fondateur, Pierre Castel, 99 ans, à Gregory Clerc, successeur de l’empire brassicole et agro-industriel. Selon AFP, la famille ne s’aligne pas à la stratégie de gestion de l’ancien conseil fiscal et dénonce la « captation du pouvoir » par ce dernier. Alain Castel a déclaré dans Sud Ouest que M. Clerc « ne rapporte à personne et manage par la peur et la menace ».
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Le 8 janvier dernier, la famille du fondateur a tenté, en vain, de révoquer Gregory Clerc lors d’une assemblée générale extraordinaire à Singapour, où siège la holding de tête du groupe. A la suite de quoi, le dirigeant a exprimé sa gratitude au Conseil d'administration qui a eu « l'amabilité de souligner » son rôle dans « la conduite du Groupe sur la voie de sa croissance et de son développement ».
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