elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques Publiques

Taxation des influenceurs et créateurs de contenus au Cameroun : ce que dit réellement la loi

Entre rumeurs virales et réformes fiscales réelles, la polémique enfle sur les réseaux sociaux. Décryptage des textes de loi pour comprendre ce qui est réellement taxé et ce qui ne l’est pas.

Publiée jeudi 15 janvier 2026 à 13:51:16Modifiée jeudi 15 janvier 2026 à 18:30:32Temps de lecture 5 minPar Cedrick JIONGO

fiche-metier-Createur-contenu-video

La question de l’imposition des créateurs de contenus et des personnes communément appelées « influenceurs » alimente depuis quelques jours un vif débat sur les réseaux sociaux au Cameroun. La polémique est née à la suite de propos attribués au ministre des Finances lors de la cérémonie officielle de présentation du budget de l’État, organisée récemment à Ngaoundéré. Selon certaines interprétations relayées en ligne, le gouvernement envisagerait de taxer non seulement les revenus générés par ces activités numériques, mais aussi le nombre d’abonnés, donnant naissance à l’expression controversée de « taxe influenceur ».

Avant toute chose, il convient de clarifier les termes. Un créateur de contenus est une personne qui produit régulièrement des contenus (vidéos, textes, images, podcasts, etc.) destinés à être diffusés sur des plateformes numériques. Un influenceur est un créateur de contenus dont l’audience, par sa taille ou son engagement, lui permet d’influencer les opinions. Ces activités génèrent des revenus, à travers la publicité, la monétisation des vues, les partenariats commerciaux ou encore les abonnements payants. À ce titre, il s’agit d’activités économiques à part entière, dont les revenus sont, par principe, imposables.

Une imposition déjà prévue par la loi

Contrairement à certaines affirmations, l’imposition des revenus issus des plateformes numériques ne constitue pas une nouveauté introduite en 2026. Elle a été consacrée dès la loi de finances 2024, à travers les articles 56 (2) h, 70 (2) et 92 ter du Code général des impôts. Ces dispositions étendent le champ de l’impôt sur les Bénéfices Non Commerciaux (BNC) aux « revenus générés sur les plateformes numériques par des particuliers ».

Lire aussi: WhatsApp, Messenger… : les applications de messagerie font chuter appels et SMS au Cameroun

Même si le texte ne mentionne pas explicitement les termes « influenceur » ou « créateur de contenus », il vise clairement « les particuliers qui réalisent des opérations de vente de biens, de fourniture de services, d’échange ou de partage de biens » via des plateformes numériques. Les revenus concernés sont soumis à une retenue à la source au taux réduit de 5 %. Sur ce point, l’État agit donc dans un cadre légal, existant et non discriminatoire, au même titre que pour d’autres professions indépendantes.

Pas de taxe sur le nombre d’abonnés

En revanche, aucune disposition de la loi de finances 2026 ne prévoit une taxation basée sur le nombre d’abonnés, contrairement à ce qui circule sur les réseaux sociaux. Cette idée résulte d’une confusion avec une autre réforme fiscale, distincte, qui concerne non pas les particuliers, mais les entreprises du numérique opérant au Cameroun sans y avoir de présence physique.

Lire aussi: Le Cameroun durcit les sanctions visant les commissaires aux comptes en cas de certification d’états financiers non conformes

Lors de la présentation des innovations fiscales à Ngaoundéré, Abdoulaye Fayçal, directeur de la législation à la Direction générale des impôts (DGI), a précisé que cette réforme vise les grandes entreprises numériques étrangères. « Nous voulons faire payer les entreprises du secteur du numérique qui réalisent des affaires au Cameroun sans y être physiquement installées », a-t-il expliqué.

Ce que vise réellement la nouvelle réforme

Cette mesure cible principalement les plateformes de streaming (Netflix, Spotify, Amazon Prime), les services de publicité numérique (Google Ads, Meta Ads, TikTok Ads), les marketplaces (Amazon, Alibaba, Jumia), les services de cloud et, plus largement, toute activité fournie par voie électronique. Une entreprise peut désormais être assujettie à l’impôt sur les sociétés au Cameroun dès lors qu’elle dispose d’une présence économique significative, définie par deux seuils : un chiffre d’affaires annuel d’au moins 50 millions de FCFA ou 1 000 utilisateurs situés sur le territoire camerounais.

Lire aussi :Prisons : au Cameroun, l'État veut empocher au moins 58 millions FCFA sur le travail des détenus en 2026

Depuis 2021, ces entreprises reversent déjà la TVA sur les services fournis au Cameroun. La nouveauté introduite par la loi consiste à leur appliquer également l’impôt sur les sociétés, selon un mode de calcul forfaitaire. En l’absence de comptabilité locale, la loi considère que 10 % du chiffre d’affaires réalisé au Cameroun constitue le bénéfice imposable, sur lequel est appliqué le taux normal de 30 %. Dans les faits, cela équivaut à une imposition effective de 3 % du chiffre d’affaires brut.

Cette approche est conforme aux pratiques observées dans plusieurs pays africains. La Côte d’Ivoire applique un prélèvement compris entre 3 % et 5 %, le Maroc un taux de 3 %, et la Tanzanie 2 %. Selon l’administration fiscale, ce nouveau dispositif pourrait rapporter environ 5 milliards de FCFA par an à l’État. Un montant appelé à croître avec l’essor des usages numériques et l’arrivée progressive de nouveaux opérateurs étrangers dans le champ de la loi.

  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Taxation des influenceurs et créateurs de contenus au Cameroun : ce que dit réellement la loi
CamerounminfiTVACameroun : Paul BiyaLouis Paul MotaeTaxationLoi de finances 2026Créateurs de contenusInfluenceursplateformes numériques
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumBRTPolitiques PubliquesTransport urbain : le BRT de Yaoundé relancé avec 1,5 milliard FCFA de recettes visé dès la première année d’activitéAnnoncé depuis 2019, le projet TransYaoundé revient sur le devant de la scène avec un calendrier désormais modifié. il y a 4 heuresWhatsApp Image 2026-09-24 at 11.54.02Politiques PubliquesCameroun : le gouvernement menace de suspendre les opérateurs qui alimentent la pénurie de gaz domestiqueFace à des pénuries qui durent depuis plus d'un mois, le gouvernement impose une série de mesures aux distributeurs, importateurs et à la SCDP.il y a 7 heuresEpremiumCAMEROON-POLITICS-NGUTEPolitiques PubliquesCameroun : l’État prépare déguerpissements et indemnisations autour de cinq aéroportsYaoundé veut reprendre le contrôle des emprises foncières de Yaoundé-Nsimalen, Douala, Garoua, Maroua-Salak et Koutaba, confrontées à des occupations irrégulières. Le gouvernement prépare leur délimitation, des déguerpissements et des indemnisations des occupants.​il y a 8 heuresEpremiumWhatsApp Image 2026-09-23 at 18.19.58Politiques PubliquesCameroun : un financement supplémentaire pour la phase 1 de l'autoroute Yaoundé-NsimalenLa Maetur veut sécuriser l'autoroute de 11,8 km contre les intrusions de piétons ou d'animaux sur la chaussée.il y a 1 jourEpremiumLe pays peut encore compter sur la Diaspora, pour réduire ce gouffrePolitiques PubliquesAfrique centrale : le Cameroun et la RDC concentreraient 72% du déficit de financement prévu d'ici 2030, selon la BADPour combler ce manque, l'institution panafricaine recommande de mobiliser de nouveaux leviers de financement, au premier rang desquels les obligations à la diaspora.il y a 1 jourEpremiumWhatsApp Image 2026-09-23 at 14.58.27Politiques PubliquesSouveraineté avicole : face aux États-Unis à l'OMC, le Gabon s'inspire du Sénégal et du CamerounLe ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et du Développement rural du Gabon, éclaire la riposte de Libreville face à l'interpellation des États-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet de l'interdiction des importations de poulet de chair programmée pour 2027. il y a 1 jour

Articles similaires

EpremiumCSPH siègeConjonctureCameroun : le siphonage du gaz domestique a coûté plus de 5 milliards FCFA à la Csph en trois ansLe directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures a renforcé le dispositif de contrôle à travers le pays afin d'enrayer ce phénomène.il y a 5 heuresPanneau publicitaire de FeroxAgro-industrieCameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Sénégal :Castel déploie Ferox, sa nouvelle offensive dans les boissons énergisantes en AfriqueLe groupe français a déployé sa nouvelle boisson énergisante du 15 au 18 septembre au Cameroun, Gabon, Sénégal et en Côte d’Ivoire, inaugurant une stratégie de lancement simultané sur plusieurs marchés africains.il y a 6 heuresEpremiumCarriere_de_ComblanchienMines et énergiesCameroun : Oriole Resources vise un permis d'exploitation pour le gisement de calcaire de WapouzéUn récent programme de forage achevé a révélé d’importantes teneurs en calcaire sur le gisement de Wapouzé, des résultats qui doivent étayer la demande de permis d'exploitation qu'Oriole Resources compte déposer dans quelques mois.il y a 1 jourOFIIConjonctureRéinsertion économique : L’OFII mobilise 43 millions de FCFA pour de nouveaux projets au CamerounL’Office français de l’immigration et de l’intégration a réuni ce 22 septembre à Yaoundé son comité de sélection pour examiner 11 projets portés par des Camerounais de retour volontaire de France.il y a 2 joursEpremiumimg_72853444ConjonctureCameroun : la Présidence dépêche une mission à Istanbul pour séduire les investisseurs turcsUn accord signé à Istanbul ouvre la voie à des investissements turcs sur plusieurs projets structurants de la région du Sud notamment dans le domaine des transports et des mines. il y a 2 joursART YdéConjonctureCameroun : plus de 100 exploitants de télécoms sommés de se faire identifier avant le 30 septembreÀ quelques jours de l'échéance fixée par le régulateur de télécoms pour établir son répertoire 2026, seuls deux opérateurs sur un écosystème qui en compte plusieurs centaines se sont signalés.il y a 2 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Cameroun : Albert Nkemla cède la présidence de CCA Bank Cameroun à Paul Essimi Ngonoil y a 5 jours2Centrafrique : en quatre mois, Starlink rafle 70 % du marché de l'Internet fixe sans fil mais reste loin derrière en revenusil y a 3 jours3Rachat de Sosucam : le kenyan Kipchimchim se positionne avec l’appui d’Afriland First Bankil y a 3 jours4Titres publics : le Congo emprunte 19 milliards FCFA avec des rendements allant jusqu’à 10 %il y a 6 jours5Cameroun : 215 agents du ministère des Finances soupçonnés d’avoir perçu des rappels de salaires en doubleil y a 1 semaine6Perenco rappelle Julien Gras au Cameroun pour piloter ses activités pétrolières et gazièresil y a 6 jours7Gabon : pourquoi Oil India abandonne son permis pétrolier malgré une découverte de brutil y a 6 jours8Agroindustrie: Boissons du Cameroun, première filiale africaine de Castel avec 483 milliards FCFA de chiffre d'affaires en 2025il y a 2 jours9Cameroun : le prince Albert II de Monaco annoncé à Yaoundéil y a 6 jours10Dépendance énergétique : la BAD appelle la CEMAC et la RDC à construire une méga-raffinerie communeil y a 1 jour
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

nsia-19-09-2026
App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.