N’Djamena exige une réévaluation de sa notation en intégrant les éléments officiels disponibles, qui retracent des avancées du pays sur les finances publiques. Dans un communiqué publié le 7 juillet 2026, la Direction générale du Budget et de l'Information du Tchad a réagi au rapport de l'International Budget Partnership qui lui attribue des faibles performances en matière de gestion des finances publiques.
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Or, « depuis plusieurs années, le gouvernement de la République conduit un processus continu de renforcement de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques », indique l'administration pour qui « cet engagement s'est notamment traduit par la transposition des directives communautaires dans l'ordre juridique national et par l'adoption de la loi n°018/PR/2016 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques », ajoutent les autorités de N’Djamena.
Digitalisation
Parmi les avancées mises en avant, le Tchad cite la publication gratuite des principaux documents budgétaires sur les portails institutionnels, la digitalisation progressive de la chaîne financière de l'État à travers le déploiement du Système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP). Celui-ci, officiellement lancé en 2024, vise à moderniser les processus financiers de l’Etat en introduisant « une transparence accrue », une meilleure utilisation des dépenses et une réduction significative des délais l’exécution budgétaire.
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Ce chantier des réformes de la transformation numérique intègre notamment : le e-Tax, la simplification des déclarations fiscales en ligne, les e-paiement, le e-visa, la gestion de la solde et de la carrière, etc. A ceci s’ajoute la publication régulière du Budget citoyen dans un « langage simplifié et accessible », ainsi que la mise à disposition des rapports de mi-exercice.
Le gouvernement évoque également la publication du rapport définitif de la Cour des comptes sur la loi de finances 2023, l'élaboration du projet de loi de finances 2025 et la diffusion de la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme 2024-2026.
Notation financière
Le Tchad relève également l’amélioration continue de sa crédibilité financière auprès des investisseurs étrangers. A ce titre, le pays a obtenu en octobre 2024 sa première notation souveraine de Standard & Poor's (B-/B, perspective stable), portée par sa stabilité politique, sa croissance résiliente et son endettement modéré. Cette dynamique a été confirmée en octobre 2025 par l'agence Fitch Ratings, qui a maintenu sa note à B- avec une perspective stable, saluant ainsi la capacité de N’Djamena à honorer ses engagements financiers malgré un contexte économique encore fragile.
Réévaluation
Au regard de ces éléments, le Tchad sollicite « formellement » un réexamen de son évaluation par l'International Budget Partnership. L'ONG relève toutefois que plusieurs documents ont été publiés hors des délais retenus par sa méthodologie, ce qui explique en partie la faiblesse de la note attribuée. Parmi les points contestés figure la prise en compte des rapports trimestriels d'exécution budgétaire — en particulier celui du deuxième trimestre —. Document que les autorités considèrent comme remplissant les fonctions d'une revue de mi-exercice. Pour la Direction générale du Budget, « des omissions, des erreurs d'appréciation et des divergences méthodologiques sont susceptibles d'affecter substantiellement la notation attribuée au Tchad ».
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À titre de rappel, le Fonds monétaire international (FMI), qui a validé en juillet 2025 un nouveau programme de 625 millions de dollars (environ 365,6 milliards de FCFA) étalé sur quatre ans (2025-2029), a temporisé ces critiques. Au terme d’une mission menée en mai dernier par Julien Reynaud, la délégation a fait état de « progrès significatifs » vers un accord au niveau des services pour les première et deuxième revues de la Facilité élargie de crédit (FEC). En validant la signature de l’accord, le FMI a cependant réitéré l’urgence de mener des réformes structurelles axées, entre autres, sur la transparence budgétaire.
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Rappelons que le rapport de l’International Budget Partnership (IBP), qui examine une dizaine d'indicateurs, se montre particulièrement critique à l'égard du Tchad. Le pays de Toumaï obtient ainsi la note de 4/100 en matière de transparence budgétaire, dernier rang d'un échantillon de neuf pays d'Afrique subsaharienne, très loin derrière le Bénin (77/100) et le Cameroun (58/100). Le pays obtient à 30/100 en ce qui concerne la surveillance du budget, la revue à mi-exercice n'est pratiquement plus publiée depuis 2019, tout comme le rapport annuel depuis 2017. Quant aux rapports d'audit, absents sur la période 2017-2023, ils n'ont été publiés qu'en 2025.













