La question de l'insécurité alimentaire continue de préoccuper le Cameroun. Selon le Rapport conjoint sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, publié par l'Institut national de la statistique (INS), 15 % de la population reste exposée à ce risque. « En mars 2026, approximativement 4,5 millions de personnes sur un total de 30,2 millions (15 % de la population) résidaient dans des zones à risque de connaître une insécurité alimentaire aiguë de niveau IPC/CH 3 ou plus », précise le rapport.
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L'organisme public en charge de l'élaboration des statistiques officielles indique que, parmi ces personnes, 1,8 million vivaient dans des zones de conflit au cours de la période sous revue (Extrême-Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest) et 2,6 millions dans des zones non affectées par les conflits, ce qui correspond à 17 % et 13 % de leurs populations respectives. La proportion de population à risque a ainsi oscillé entre 22 % en janvier et 16 % en février, pour une moyenne de 18 % (5,4 millions de personnes) sur l'ensemble du premier trimestre 2026; un niveau qui traduit une vulnérabilité structurelle.
Parmi les causes, la même source relève, entre autres : des flambées épidémiques, principalement de rougeole (6 583 cas recensés au niveau national, dont 36 décès), qui aggravent la malnutrition ; une alimentation de complément inadéquate, entraînant des carences ; des ruptures d'approvisionnement liées à la baisse des financements américains, ayant provoqué une diminution du dépistage actif dans les régions du Nord, de l'Adamaoua, du Sud-Ouest, du Nord-Ouest et de l'Est. À ceci s'ajoute « la crise post-électorale de 2025, ayant provoqué des perturbations dans la distribution des intrants et des denrées alimentaires ». Le rapport de l'INS déplore aussi la concentration des partenaires techniques et financiers dans la région de l'Extrême-Nord, au détriment des autres régions.
3,1 millions de victimes en décembre 2025.
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Si l'on s'en tient aux chiffres révélés en décembre 2025 par le ministre de l'Agriculture et du Développement rural (Minader), Gabriel Mbairobe, dans le cadre de l'Analyse du Cadre harmonisé d'identification des zones à risque, la population en insécurité alimentaire s'établissait alors à environ 3,1 millions de personnes soit un écart en hausse de 1,4 million par rapport aux 4,5 millions recensés en mars 2026. À cette période, le membre du gouvernement indiquait que « 11 % des personnes sont en insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë (soit 3 120 294 personnes), parmi lesquelles 249 306 personnes en urgence (1 % de la population) et 2 870 988 personnes en crise. 6 194 078 personnes se trouvent en phase 2, c'est-à-dire sous pression, soit 21 % de la population analysée ».
Le nombre de personnes exposées à l'insécurité alimentaire avait déjà augmenté de 40 169 par rapport à la même période en 2024, où 3 080 145 personnes étaient touchées, tandis que le nombre de personnes en crise était passé de 2 814 832 à 2 871 000 environ, soit une hausse de 56 156 personnes en un an. L'Enquête nationale de suivi de la sécurité alimentaire et nutritionnelle indique par ailleurs que 61,22 % de la population ont une consommation alimentaire acceptable, contre 10,86 % à consommation alimentaire pauvre.
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Selon la définition donnée lors du Sommet mondial de l'alimentation en 1996, « la sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active ».
Pour rappel, le Rapport conjoint sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle a été réalisé par la Banque mondiale, la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), le PAM (Programme alimentaire mondial), l'OIM (Organisation internationale pour les migrations), ACF (Action contre la faim), FEWS NET (Famine Early Warning Systems Network, le système américain d'alerte précoce sur les famines) et le gouvernement du Cameroun.
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