Initialement estimé à 13,3 milliards FCFA, le budget du 4e Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) au Cameroun, couplé pour la première fois au Recensement de l'agriculture et de l'élevage (RGAE), a augmenté de 6 milliards FCFA pour s’établir désormais à 19,3 milliards FCFA. Cette information a été révélée dans les colonnes du quotidien gouvernemental Cameroon Tribune par André Mbairanodji, coordonnateur du recensement général de l’agriculture et de l’élevage. « C’est en réalité un budget de rattrapage cofinancé à hauteur de 4,5 milliards FCFA par Hiswaca (Harmonisation et Amélioration des Statistiques en Afrique de l'Ouest et du Centre, Ndlr), un programme mis en place par la Banque mondiale puis, 1,5 milliard FCFA par le gouvernement camerounais ».
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Cet ajustement budgétaire intervient pour prendre en compte les dépenses supplémentaires induites par la prolongation des délais initiaux. En effet, le 1er juin dernier, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a reporté jusqu’au 31 juillet 2026 la clôture de ces deux opérations. Lancées le 24 avril, elles devaient initialement s’achever le 29 mai, mais bénéficient ainsi d’une rallonge de deux mois et deux jours. Selon André Mbairanodji, cette enveloppe additionnelle est indispensable pour financer le paiement des agents recenseurs, les opérations de ratissage sur le terrain et la sécurisation du processus. Plus concrètement, des sources proches du dossier évoquent la couverture des frais liés au personnel de terrain, à la logistique et à l'intensification de la sensibilisation.
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À ce jour, on apprend qu’il ne reste plus que 1 000 agents recenseurs à régulariser sur les 31 000 initialement engagés. Ils seront payés, « au plus tard ce 15 juin ». Annoncé depuis 2015, ce projet d'abord estimé à 64 milliards FCFA avant d’être divisé par quasiment cinq, se concrétise enfin, 21 ans après la précédente édition de 2005. Son enveloppe globale est adossée à un financement de 11,5 milliards de FCFA issu du Programme régional d’harmonisation des statistiques en Afrique (PHAS) de la Banque mondiale, tandis que le reliquat — soit 7,7 milliards de FCFA — est directement pris en charge par l’État camerounais.
Les agents recenseurs disposent encore de 45 jours pour parachever les opérations de collecte avant la publication des chiffres officiels. Ces données démographiques et agropastoraux sont cruciales pour le pays, dont la trajectoire historique des recensements remonte à la première édition de 1976, suivie de celles de 1987 et de 2005. Pour de nombreux experts, ces deux opérations s'avèrent capitales pour le Cameroun qui est en pleine mise en œuvre de sa politique d’import-substitution. Il lui permettrait de maîtriser les indicateurs macroéconomiques, de piloter le domaine agro-pastoral vue la montée des importations et maitriser les besoins réels des populations de l’ensemble des 10 régions face à la persistance de l’insécurité alimentaire.
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