La Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) vient de rendre public son annuaire statique pour le compte de l’année 2025 écoulée. Il en ressort que l’institution a fortement accru ses dépenses sociales portant à 180,4 milliards FCFA le montant global des prestations servies, en hausse de 27% par rapport à l’exercice précédent.
Cette progression est principalement portée par l’envolée des prestations familiales. Selon le rapport exploité par EcoMatin, les allocations de cette branche ont plus que doublé en un an, passant de 15 milliards FCFA en 2024 à 35,37 milliards en 2025. Cette branche représente à elle seule près de 20% de l’ensemble des prestations versées par la CNPS au cours de l’année.
Lire aussi : Cotisations sociales : la CNPS signe un accord avec la DGSN pour traquer les employeurs indélicats
L’évolution des prestations familiales s’explique notamment par une hausse des bénéficiaires. Selon le rapport, le nombre d’allocataires a fortement progressé, passant de 87 427 en 2024 à 109 225 en 2025, soit une hausse de 24,93 %. Ceux-ci sont constitués essentiellement de fonctionnaires et travailleurs assurés, qui bénéficient d’allocations prénatales, d’ indemnités de maternité et autres prestations de la branche famille. Au-delà de l’élargissement du fichier des bénéficiaires, on peut également souligner que les mesures exceptionnelles adoptées par la CNPS en faveur des assurés sociaux pourraient avoir favorisé le bond des allocations servie durant l’année sous revue. En août 2025, l’institution avait instauré une allocation spéciale de rentrée scolaire. Cette mesure inédite a permis aux bénéficiaires de percevoir 54 000 FCFA par enfant scolarisé ou en apprentissage, soit l’équivalent d’une année complète d’allocations familiales calculées sur la base du taux mensuel revalorisé à 4 500 FCFA depuis février 2024.
Lire aussi : Rentrée scolaire : au Cameroun, la CNPS va verser 54 000 FCFA par enfant à ses assurés
Parallèlement les dépenses liées aux pensions de vieillesse, d’invalidité et de décès demeurent toutefois le principal poste de décaissement de l’organisme. Elles ont progressé de 14,5%, passant de 123 milliards à 140,9 milliards FCFA. De leur côté, les prestations servies au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles ont légèrement augmenté, atteignant 4,1 milliards FCFA contre 3,1 milliards un an plus tôt. De même, les recettes issues des cotisations sociales ont également progressé. Les encaissements ont enregistré une hausse de 3,5% à 224, 9 milliards de FCFA, soutenus par l’augmentation du nombre de travailleurs télédéclarés. Celui-ci est passé de 694 837 à 751 384 personnes entre 2024 et 2025, soit une progression de 8%. Pour la CNPS, « cette progression témoigne d’un élargissement de l’assiette contributive ainsi que d’une meilleure intégration des employeurs et des travailleurs dans le système formel de déclaration et de cotisation ».
Lire aussi : Protection sociale : la Cnps facilite les cotisations sociales aux travailleurs de l'informel de la diaspora
Malgré cette dynamique, les performances restent en deçà des ambitions de l’organisme. Les recettes effectivement collectées demeurent largement inférieures à l’objectif de 480,7 milliards FCFA fixé pour l’exercice 2025. Cet écart met en lumière les difficultés persistantes de mobilisation des cotisations sociales et les limites des stratégies déployées pour intégrer davantage de travailleurs au système de sécurité sociale.













