Le Cameroun table sur un taux de croissance économique de 5 % à l'horizon 2029, selon les prévisions du Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029. Ce dynamisme représenterait une hausse de 1,4 point par rapport à 2025 et de 1,3 point par rapport aux 3,7 % attendus en 2026. L'activité économique s'améliorerait ainsi progressivement, passant d'un rythme de 3,6 % en 2027 à 4,8 % en 2028, avant d'atteindre son objectif de 5 %.
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À en croire le Débat d'orientation budgétaire présenté par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, cette accélération serait « essentiellement induite par le secteur non pétrolier, avec une progression de 4,3 % en 2027 et de 4,5 % en moyenne sur la période 2027-2029 ». En d'autres termes, la croissance du secteur non pétrolier devrait être portée, entre autres, par l'agriculture, à travers l'accélération des actions prévues dans le cadre du Plan intégré d'import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah), lancé en 2024 pour un coût de 1 500 milliards de FCFA.
Espoir sur l'agriculture…
En effet, le gouvernement mise sur le projet Plaine centrale, dont la première phase prévoit l'aménagement de 400 000 hectares, sur un potentiel total estimé à 1,131 million d'hectares. Ces terres ont été identifiées le long du corridor Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré (584,5 km), entre les régions du Centre et de l'Adamaoua. Resté dans les tiroirs depuis 2015, ce projet a été relancé en mai 2023, huit ans plus tard, et doit notamment permettre de développer la riziculture. Son enveloppe prévisionnelle est estimée à 351 milliards de FCFA, dont 100 milliards apportés par l'État (28,5 %) et 251 milliards attendus des investisseurs potentiels, selon les données obtenues auprès du point focal du projet.
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Par ailleurs, le Projet d'aménagement et de valorisation des investissements de la vallée de la Bénoué (Viva Bénoué), lancé il y a trois ans, devrait permettre de faire passer les surfaces irriguées de 1 000 à 14 000 hectares. À cela s'ajoutent la construction et la réhabilitation d'infrastructures d'irrigation et de drainage, la mise en place d'un système d'alerte précoce en cas d'inondations ainsi qu'une assistance technique destinée à renforcer les institutions. En outre, ce projet soutiendra la production agricole et l'agro-industrie, notamment à travers le nivellement et la préparation des terres, la riziculture mécanisée, l'amélioration de l'accès aux intrants et l'appui aux petites et moyennes entreprises. À ces projets viendraient s'ajouter « une meilleure mise à disposition de l'électricité et la consolidation des activités dans l'agro-industrie ».
7 % pour la Côte d'Ivoire
Signalons que les prévisions du gouvernement sont globalement plus optimistes que celles des institutions internationales. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 3,2 % en 2027, après 3,5 % attendus en 2026. De son côté, la Banque africaine de développement (BAD) table sur 3,7 % en 2027, après 4,1 % en 2026. Quant à la Banque mondiale, elle anticipe une croissance de 3,4 % en 2026, 3,7 % en 2027 et 3,9 % en 2029.
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En revanche, ces trois institutions sont unanimes sur les perspectives de la Côte d'Ivoire, un pays au niveau de développement comparable à celui du Cameroun. Elles projettent une croissance de 6,5 % en 2027, qui atteindrait 7 % en 2028 selon la Banque mondiale, soit près du double des performances attendues pour le Cameroun. Au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), le Cameroun, bien que première économie de la sous-région, se situerait également derrière le Tchad, dont la croissance est attendue à 5,3 % à l'horizon 2028.
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Pour rappel, dans le cadre de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), le Cameroun ambitionnait d'atteindre un taux de croissance de 8 % en 2030.











