Entre 2019 et 2024, l'État du Cameroun a renoncé à 327,9 milliards de FCFA de recettes fiscales afin de soutenir l'investissement privé. Selon le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, ces incitations s'inscrivent dans le cadre de la loi n° 2013/004 du 18 avril 2013, modifiée et complétée par l'ordonnance n° 2025/002 du 18 juillet 2025. Ces dépenses fiscales ont évolué en dents de scie, passant de 30,9 milliards FCFA en 2019 à 34,5 milliards en 2020, avant de grimper à 61,1 milliards en 2021, 72,9 milliards en 2022 et d'atteindre un pic de 80,4 milliards en 2023, puis de redescendre à 48,1 milliards en 2024.
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Malgré ces incitations fiscales, les résultats apparaissent contrastés. Selon une étude de l'Agence de promotion des investissements (API), couvrant la période du 1er janvier 2014 à fin mars 2024 et relayée par le quotidien public Cameroon Tribune, les investissements effectivement réalisés par les 158 entreprises agréées atteignent près de 1 900 milliards FCFA, soit seulement 69,2 % des 2 744 milliards FCFA initialement annoncés. Le bilan est encore plus modeste sur le plan de l'emploi : 16 017 postes ont été créés, soit 22,2 % seulement de l'objectif de 72 055 emplois.

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Pour le directeur général de l'API, Boma Donatus, ces résultats constituent néanmoins « une performance remarquable». Il rappelle que « l'API considère comme volume d'investissement la somme des dépenses liées au projet qu'une entreprise va effectuer depuis la signature de la convention jusqu'au terme de la période de dix ans correspondant à la durée de validité de l'agrément ». Selon cette lecture, il faudra attendre 2034 pour disposer du bilan définitif des conventions signées entre 2014 et 2024. À fin 2025, 462 conventions avaient été conclues, pour un volume d'investissements projeté de 15 000 milliards FCFA et près de 200 000 emplois attendus.
Pour mémoire, cette loi sur les incitations à l'investissement privé, promulguée en avril 2013 puis révisée en juillet 2025, accorde différents avantages en fonction de la taille des projets. Les entreprises investissant moins d'un milliard FCFA bénéficient notamment d'une réduction de 5 % des droits de douane sur l'importation des équipements ainsi que d'un crédit d'impôt sur les bénéfices équivalant à 25 % du montant investi, un taux porté à 50 % dans les zones de développement prioritaires.
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Les entreprises réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 5 milliards de FCFA profitent également de cette réduction douanière de 5 %, de l'enlèvement direct de leurs équipements importés sous réserve de cautionnement et d'une exonération des droits de sortie sur les produits finis manufacturés localement. En contrepartie, elles doivent accroître d'au moins 20 % leur production de biens et services ainsi que leurs effectifs de salariés camerounais par rapport à la situation antérieure à la convention. Pour les projets industriels, la loi révisée impose en outre le recours à des ressources naturelles locales représentant au moins 50 % de la valeur ajoutée des intrants.












