Par le décret n°0838/PR/2026 signé le 8 mai 2026, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a institué une Commission nationale chargée de la négociation des contrats pétroliers (CNNCP), désormais habilitée à conduire, au nom de l'État, « les négociations relatives à l'attribution des blocs pétroliers et la renégociation des contrats pétroliers ». Cette nouvelle commission remplace celle créée en juillet 2024, dont le mandat se limitait à négocier avec les compagnies souhaitant obtenir des blocs pétroliers et à traiter les questions de raccordement aux pipelines. Le nouveau décret supprime cette référence aux infrastructures et introduit, pour la première fois, un mandat explicite de renégociation des conventions existantes, sans préciser quels contrats pourraient être concernés.
La réforme modifie également la gouvernance des négociations pétrolières. Alors que la commission créée en 2024 relevait directement de la Présidence de la République, la CNNCP est désormais placée sous la tutelle du ministère chargé du Pétrole et présidée par ce dernier.
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Le texte renforce également le comité technique, qui intègre notamment des représentants du Budget, du Trésor, du cadastre pétrolier, des études économiques et juridiques, ainsi que de la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), traduisant la volonté de l'État de disposer d'une expertise plus large lors des discussions avec les compagnies.
Des contrats majeurs potentiellement concernés
Le décret ne vise aucune convention en particulier. Selon le rapport ITIE 2023, le secteur pétrolier tchadien repose sur plusieurs grands consortiums opérant sous différents contrats de partage de production, notamment CNPC International, TPC (ex-EEPCI/ExxonMobil), PetroChad Mangara (PCM) et OPIC Africa, qui ont assuré ensemble une production nationale de 55,5 millions de barils en 2023. Le même rapport montre que les exportations de brut proviennent notamment de CNPC/Cliveden, de la SHT, de TPC (ex-EEPCI), de PCM, d'OPIC Africa, de Perenco, de CEFC Hainan et de Petronas Carigali, illustrant la diversité des contrats désormais susceptibles d'être renégociés dans le nouveau cadre institutionnel.
Dans un pays où le secteur extractif représente 74 % des recettes budgétaires, 83,8 % des exportations et 14,7 % du PIB, cette évolution pourrait renforcer la capacité de l'État à redéfinir ses relations contractuelles avec les compagnies pétrolières. Rappelons qu’en 2023, N'Djamena avait nationalisé les actifs que le groupe britannique venait d'acquérir auprès d'ExxonMobil, comprenant notamment les participations dans les champs pétroliers de Doba et dans Tchad Oil Transportation Company (TOTCo). Savannah a depuis engagé plusieurs procédures arbitrales internationales pour contester cette décision et réclame plusieurs centaines de millions de dollars de compensation.
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