Huit ans après son adoption, la charte des investissements de la République centrafricaine commence à produire des résultats chiffrés. Selon les données présentées par le président Faustin-Archange Touadéra, dans son dernier discours sur l’état de la nation, ce cadre incitatif a permis d’attirer 82 investisseurs pour un volume cumulé de 327 milliards Fcfa, avec à la clé près de 10.000 emplois potentiels annoncés. Un signal encourageant pour une économie en quête de relance durable et de diversification. Ces performances s’inscrivent dans un ensemble plus large de réformes engagées dans les secteurs du commerce et de l’industrie. Pour la première fois, le pays s’est doté d’une politique nationale de développement du commerce et de l’industrie, assortie d’une stratégie de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Objectif : permettre aux opérateurs économiques centrafricains d’accéder au vaste marché continental et d’améliorer leur compétitivité.
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Dans cette dynamique, le Plan de développement industriel et le Programme de mise à niveau des entreprises apparaissent comme des outils structurants. Les autorités mettent en avant la création de 18 407 entreprises ayant généré plus de 33 000 emplois. Toutefois, la Charte des investissements, élaborée dès 2018, souffre encore d’une vulgarisation timide, limitant son appropriation par une partie du tissu entrepreneurial local. Sur le terrain productif, plusieurs actions ciblées ont été menées. Pas moins de 456 groupements agricoles, notamment dans le sésame et le maïs, ont été accompagnés vers la transformation. Un dispositif moderne de surveillance du marché a également été mis en place afin de garantir le respect des normes et de contenir l’inflation. Par ailleurs, 11 sites destinés aux zones économiques spéciales ont été identifiés, avec Boali retenu comme zone pilote. Dans l’agro-industrie, une usine de production d’huile de palme d’une capacité de 600 litres par jour a vu le jour à Bimon, à 35 km sur l’axe de Mbaïki.
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La promotion du secteur privé, notamment féminin, constitue un autre axe des réformes. Le taux de formalisation des très petites entreprises dirigées par des femmes est passé de 12% en 2024 à plus de 15% en novembre 2025. Dans le même temps, la part des impôts déclarés et effectivement payés est passée de 7% à plus de 9%, traduisant une amélioration progressive de la discipline fiscale. Pour renforcer l’attractivité du climat des affaires, plusieurs textes structurants ont été adoptés, dont le Code du commerce révisé, la loi sur les partenariats public-privé et le nouveau Code du travail. Le chef de l’État a par ailleurs instruit le gouvernement d’accélérer la mobilisation des partenaires techniques et financiers et la finalisation des textes d’application de la loi sur les PPP.
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Enfin, la mise en place du Fonds de garantie nationale, doté d’un capital de 17,7 millions de dollars, soit près de 10 milliards de Fcfa est attendue comme un levier majeur pour faciliter l’accès des PME au crédit bancaire. Un enjeu crucial, dans un pays où seules 22% des PME accèdent aujourd’hui au financement bancaire formel.













