Le 26 juin dernier, Félix Mbayu, le ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures (Minrex) chargé du Commonwealth, a été interpellé à l’Assemblée nationale sur les abus dont sont victimes les Camerounais à l’étranger, et précisément sur le cas de l’homme d’affaires Baba Danpullo dont les biens ont été saisis depuis six ans. En réponse, le membre du a précisé que le dossier fait l’objet d’un suivi de la présidence de la République, avec des démarches diplomatiques et juridiques actuellement en cours auprès des autorités sud-africaines.
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Pour Félix Mbayu, lorsque l’affaire a éclaté, le chef de l’État Paul Biya l'a prise « très au sérieux » en dépêchant une mission en Afrique du Sud, alors même qu’il s’agissait d’un différend commercial entre Baba Danpullo et ses partenaires, n’engageant pas la responsabilité de l’État. Le ministre a indiqué que la délégation qu’il a lui-même conduite avait été reçue « au sommet de l’État » sud-africain. Bien que le contenu des échanges et les conclusions actées avec les autorités de Pretoria n’aient pas été dévoilés, il a néanmoins redouté la complexité de l’affaire, évoquant une situation qui implique des entreprises sud-africaines ayant des intérêts au Cameroun. « Un accord d’entreprises ayant une multiplicité de pentacles n’est pas facile à gérer. C’est pourquoi il y a certaines actions qui ne peuvent être prises que Baba Dan Pullo lui-même en tant que businessman, le gouvernement ne faisant pas partie de cette transaction privée ».
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Il faut dire que l'affaire remonte au 19 juin 2020 lorsque la First National Bank (FNB) saisit les biens immobiliers de Baba Danpullo en Afrique du Sud pour insolvabilité, une version contestée par le milliardaire camerounais qui dénonce une « spoliation » et une « croisade raciste ». Alors que la FNB évoque des défauts de paiement depuis 2019, Danpullo estime ses pertes à 5 200 milliards FCFA et réclame global de 275,5 milliards FCFA (incluant loyers indus, frais de recouvrement et intérêts). Après l'échec de ses recours en Afrique du Sud, l’industriel camerounais a fait recours à la justice camerounaise où il a obtenu du tribunal de Douala-Bonanjo, la saisie des comptes bancaires de MTN Cameroon, Mobile Money Corp, Broadband Telecom et Chococam ; dont près de 144 milliards FCFA chez MTN. Or il se trouve que MTN Cameroon et Chococam sont des filiales de la société Public Investment Corporate (PIC), qui est elle-même actionnaire de First Rand Bank.
La bataille judiciaire se poursuit
Le membre du gouvernement a rassuré que Yaoundé n’a pas abandonné face à cette affaire, toute chose qui présage d’un rebondissement ou tout au moins, un compromis entre les deux parties dans les mois à venir. A en croire le ministre, le dossier a été relancé en juillet 2025 sur instruction du président de la République. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a formé un comité interministériel qui a opté pour une « approche multilatérale », visant d'une part, à laisser la procédure judiciaire suivre son cours et d'autre part, le partage d'expériences avec d'autres pays africains (Nigeria, Ghana, Ouganda) ayant connu des litiges similaires.
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Ainsi, « pour ceux qui connaissent monsieur Danpullo, nous allons réussir, ce n’est pas une personne qui abandonne. Et ceux qui connaissent la détermination du président Paul Biya savent qu’il ne recule face à n’importe quelle circonstance. Donc, nous avons la combinaison de deux choses : la détermination du gouvernement d’un côté et celle de l’homme d’affaires de l’autre côté. Tout ce qui se passe en Afrique du Sud peut sembler lent maintenant, mais ça portera des fruits », a-t-il rassuré.

