Au Cameroun, l’exercice budgétaire 2025 s’annonce par l’introduction de nouvelles mesures de collecte des recettes fiscalo-douanières, à en croire la circulaire du chef de l’Etat Paul Biya relative à la préparation du budget de l’Etat. En effet, apprend-ton, en matière de recettes, la priorité demeure la mobilisation optimale des recettes internes non-pétrolières. Toutefois, précise le président de la République, il faudra assurer un meilleur accompagnement de la relance économique et le soutien aux ménages. « Les mesures nouvelles d’optimisation de la mobilisation des recettes devront veiller à ne pas créer des distorsions économiques préjudiciables au développement et à la compétitivité des entreprises », indique la circulaire présidentielle.
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En substance, ces directives présagent plus ou moins les prémices d’une accentuation de la pression fiscale aux contribuables, mesure déjà prévue dans le document de programmation économique et budgétaire. En effet, d’après le document élaboré par le ministère des Finances, le gouvernement camerounais envisage d’accentuer la pression fiscale (la part des impôts dans le produit intérieur brut) en 2025. Elle s’établirait à 14% venant à 13,6% en 2024 après 13,3% en 2022 et 13,5% un an plus tard. Entre 2026 et 2027, ce même taux va croître pour atteindre respectivement 14,2% et 14,4%. L’objectif visé par le gouvernement est de contribuer à l’augmentation des recettes fiscales. D’après le document produit par le ministère des Finances (Minfi), les recettes issues des impôts passeraient de 3 998,7 milliards de Fcfa en 2024 à 5 238,8 milliards de Fcfa en 2027 soit une hausse de projetée de 1 240,1 milliards de Fcfa (+31%).

La hausse annoncée ne fera certainement pas l’unanimité au sein de la classe des affaires dans la mesure où au cours d’une séance de travail à fin août 2024 avec le Directeur général des Impôts (DGI) Roger Athanase Meyong Abath, le patronat camerounais exprimait déjà un sentiment « d’asphyxie face à l’augmentation de la pression fiscale et des contrôles fiscaux intempestifs ». En début d'années, les opérateurs de la filière bois menaçaient par exemple d'entrer en grève du fait du relèvement du droit de sortie sur le bois transformé de 10% à 15%.
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Le rapport sur le climat des affaires du secteur industriel publié par le ministère de l’Economie en 2023 révèle que 81% des chefs d’entreprises trouvent que le taux de pression fiscale est élevé contre 18%, moyen et 1% seulement qui le juge faible. Par contre, le Rapport d’exécution du budget 2022 publié par la Direction générale du Budget (DGB) déplore que le taux de pression fiscale (indicateur de surveillance de la Cemac mis en vigueur depuis 2017) est resté faible. « Le taux de pression fiscale hors recettes pétrolières est passé de 12,2% en 2021 à 12,7% en 2022 », apprend-on.
Des défis à relever
Cependant, dans la perspective du relèvement de la pression fiscale, les pouvoirs publics doivent au préalable, réaliser un certain nombre de projets en vue d’améliorer le climat des affaires. Il s’agit pour les plus urgents, de mener des actions visant à tirer profit des opportunités qu’offre la Zone de libre-Échange continentale africaine (Zlecaf) à travers l’opérationnalisation des zones économiques et des technopôles. L’autre chantier majeur serait d’aménager la zone industrielle de Kribi, et faciliter la mise en exploitation de l’usine de fabrication des carreaux de Kribi. Dans la même veine, il faudrait « implémenter les projets devant permettre aux industries de la filière métallurgie et sidérurgie de disposer de matières premières suffisantes tels que la poursuite des travaux d’exploitation des minerais de fer de Kribi-Lobé, Mbalam-Nabeba et Bipindi – Grand Zambi, concomitamment avec la construction des routes, des lignes de chemin de fer, ainsi que le terminal minéralier y associé », souligne le ministère des Finances.









