La note de conjoncture de la dette publique du Cameroun publiée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA) est claire : à fin juin 2026, les soldes engagés et non décaissés (SEND) de l’administration centrale du Cameroun sont estimés à environ 5107,4 milliards de FCFA, dont 4 917,3 milliards de FCFA des engagements attendus pour réaliser des prêts projets extérieurs. Ils sont en hause de 2,8% en glissement trimestriel. Car, au 31 mars 2026, ils étaient estimés à 4 966,3 milliards de FCFA, soit environ 9 milliards de dollars. En glissement annuel, ils sont en augmentation de 13,4%.
Ces ressources, faut-il le rappeler, représentent des financements extérieurs déjà signés mais non encore tirés pour les projets publics. Le tableau de la CAA présente les différents bailleurs de fonds. Ainsi, au 30 juin 2026, les SEND extérieurs sont attendus à 67,7% des conventions avec les bailleurs de fonds multilatéraux ; 12,2% auprès des bailleurs de fonds bilatéraux et 20,1% des commerciaux.
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Selon la note de conjoncture, les travaux de maîtrise et de d’optimisation desdits soldes engagés et non décaissés sont en cours pour une absorption des ressources disponibles auprès des bailleurs de fonds, non encore mises à disposition du Cameroun pour la réalisation des projets bénéficiaires suivant les calendriers bien précis à respecter.
Nouveaux emprunts
La note de conjoncture présente certaines lignes, qui ont positivement – mais, faiblement – bougé au cours du deuxième trimestre. Mais, le nouvel emprunt auprès de Eximbank China vient grossir les SEND. Il faut remonter au 6 mars 2026 lorsqu’un décret du chef de l’Etat autorise le ministre de l’Economie à signer un accord de prêt stratégique avec Eximbank-Chine. Un financement de 1,35 milliard de yuans (108,4 milliards de francs CFA) destiné à financer la quatrième phase du projet d’expansion du réseau national à fibre optique (backbone).
Les SEND auprès d’Eximbank de Chine s’élèvent désormais à 163,7 milliards de FCFA au 30 juin 2026 alors qu’au 31 mars 2026, le tableau affichait 41,1 milliards de FCFA. Soit un bond de 122,6 milliards de FCFA. Ce seul emprunt pourrait expliquer la croissance des SEND de 13,4%. Lesquels SEND ont augmenté de 141,1 milliards de FCFA entre la fin du premier trimestre et celle du deuxième trimestre.
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Le différentiel est aussi dû à cet autre emprunt auprès d’un partenaire multilatéral, l’IDA (Association internationale de développement) – guichet de la Banque mondiale pour les pays à faible revenu – d’un montant de 53,7 milliards de FCFA dont l’un des projets à financer porte sur la réhabilitation du Corridor Douala-Bangui long de 1 400 km.
Alerte
La non-utilisation des soldes engagés non décaissés génère de lourdes conséquences financières, économiques et stratégiques pour l'État emprunteur. Les bailleurs de fonds facturent des pénalités financières (frais de commission) sur les sommes réservées mais non retirées. L'État paie des frais pour de l'argent qu'il n'utilise pas, ce qui dégrade l'efficacité de sa politique d'endettement.
La Banque africaine de développement (BAD) a récemment tiré la sonnette d’alarme. Le juillet 15 exactement, l'institution a alerté sur un risque d’annulation d’un financement de 265 milliards FCFA en faveur du Cameroun. L’institution financière continentale, dont le portefeuille en faveur du pays de Paul Biya a bondi de 57% en trois ans, déplore un taux de décaissement de seulement 26%, fragilisé par des lenteurs administratives entre autres. Il reste alors à Yaoundé deux options : une annulation partielle de ces soldes engagés et non décaissés ou solliciter des prorogations.













