La Guinée équatoriale annonce le lancement prochain d'un audit de son système de redevances aéroportuaires, dans l'optique de réduire les coûts supportés par les passagers et d'améliorer la compétitivité du transport aérien. La décision a été prise le 8 juillet dernier lors d'une réunion de travail présidée par Teodoro Nguema Obiang Mangue, vice-président de la République, après « l'identification d'éléments susceptibles d'augmenter le prix des billets d'avion et de pénaliser l'attractivité du secteur », rapporte le site gouvernemental.
Les autorités ont ordonné une révision de la loi relative aux taxes aéroportuaires et demandé une analyse approfondie du système tarifaire en vigueur, ainsi qu'une comparaison avec les pratiques observées dans d'autres pays africains. « Notre objectif est de rendre les vols vers et depuis la Guinée équatoriale plus compétitifs. Si nous parvenons à réduire les coûts inutiles et à disposer d'un système de redevances plus juste et transparent, les compagnies aériennes, en particulier Ceiba Intercontinental, pourront proposer des tarifs plus compétitifs, attirer davantage de passagers et améliorer la connectivité du pays », a déclaré le vice-président.
Une structure tarifaire mixte
Bien qu'elle dispose d'infrastructures majeures, notamment les aéroports internationaux de Malabo et de Bata, la Guinée équatoriale publie très peu d'indicateurs économiques sur son secteur aérien. Les dernières données disponibles font état d'un trafic d'environ 495 000 passagers en 2021, selon l'Association des aéroports africains (AAGE), tandis que les recettes issues des redevances et les chiffres d'affaires des plateformes restent inconnus. Le pays applique toutefois un modèle de tarification largement aligné sur celui de l'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). Les principales redevances facturées aux compagnies aériennes concernent l'atterrissage, le stationnement des aéronefs, la sûreté aéroportuaire, la Redevance pour le développement des infrastructures aéroportuaires (RDIA), le fret, les bagages et l'occupation du domaine aéroportuaire.
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Selon la dernière mise à jour des tarifs de l'Asecna applicable à la Guinée équatoriale, entrée en vigueur en décembre 2023, la redevance d'atterrissage pour les vols internationaux s'élève à 3 503 FCFA par tonne pour les 25 premières tonnes, avant d'augmenter progressivement jusqu'à 8 224 FCFA par tonne pour les appareils de plus de 150 tonnes. À cela s'ajoutent une redevance de sûreté comprise entre 3 500 et 8 000 FCFA par passager, selon le type de vol, ainsi qu'une RDIA fixée à 2 000 FCFA par passager. Au total, un voyageur au départ d'un aéroport international équato-guinéen supporte en moyenne 9 000 FCFA au titre de ces deux prélèvements, hors autres taxes intégrées au prix du billet.
Mise en perspective avec ses voisins
La comparaison avec plusieurs pays de la sous-région — le Gabon, le Congo et le Tchad — met en évidence le niveau relativement élevé des redevances appliquées en Guinée équatoriale. Pour les vols internationaux de moins de 25 tonnes, le tarif d'atterrissage de 3 503 FCFA par tonne dépasse les 2 007 FCFA pratiqués au Gabon et les 2 087 FCFA appliqués au Congo, se rapprochant uniquement du niveau du Tchad (3 289 FCFA).
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Le constat est similaire pour les redevances de sûreté, qui atteignent jusqu'à 8 000 FCFA par passager en Guinée équatoriale, contre un plafond de 7 000 FCFA au Gabon et 3 500 FCFA au Tchad. Cette structure tarifaire place les plateformes équato-guinéennes parmi les plus coûteuses de la sous-région, renchérissant les coûts d'exploitation des compagnies aériennes, qui les répercutent ensuite sur le prix des billets. Une situation susceptible de freiner l'ouverture de nouvelles dessertes et le renforcement des liaisons existantes. En réexaminant son système de redevances, Malabo ambitionne d'aligner progressivement ses coûts sur les standards régionaux afin de renforcer l'attractivité de ses aéroports, attirer davantage de compagnies aériennes et contribuer à la baisse des prix des billets.
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